Droit de réponse : Gnose, Guénon, Evola

Un artiste du collectif Les Crayons Flingueurs a désiré répondre à notre entretien avec Gregor Ovitch de Noaches.

C’est chose faite !


Arthur Sapaudia : Tout d’abord, d’où parles-tu Camarade ?

P.A : Pour respecter le principe (Traditionnel) de « l’anonymat Actif », je suis P.A. dessinateur du collectif des « Crayons Flingueurs », que tu connais cher Camarade, car tu as eu la chance de t’entretenir avec un autre de ses membres : Hariel!

En ce qui me concerne, mes illustrations sont toujours plus ou moins appuyées sur des citations, des livres, etc (nous sommes présents sur Twitter, Facebook et Telegram)… Mais aujourd’hui, si tu le veux bien, je vais laisser de côté qui je suis en tant qu’individu dans la vie, et je vais prendre la parole pour répondre à un de tes « interviewé », Monsieur Ovitch, du site web « Noache », non pas pour attendre une réponse de l’intéressé (envers qui nous n’avons rien personnellement), mais bien pour rectifier les « principes vrais » qui nous semble avoir été très malmenés par ce dernier.

AS : Qu’avez vous à répondre, point par point, à M. Ovitch ?

P.A : 1) Dès la première réponse, nous voyons que ce monsieur Ovitch nous précise qu’il a évolué pendant dix ans dans les « arcanes maçonniques » (est-il passé au 33ème degré du R.E.A.A? Est-il passé par le fameux mot de passe du « Lilia Destrue Pedibus » ? A-t-il peut-être même un jour rêvé d’intégrer le « B’nai-b’rith »? Sait-on jamais). Nous verrons que cette information révèle une « tournure d’esprit » pour reprendre Pierre Hillard, (dont nous avons suivi les cours, passionnants, au demeurant, concernant le mondialisme, dans le cadre des formations E&R), assez symptomatique. Pour faire simple, il en reste toujours quelque chose, à savoir ce besoin de tout mettre dans le même panier et de « jeter le bébé avec l’eau du bain », nous y reviendrons.

2) Monsieur Ovitch, parle de la « nature angélique » de l’initiation, ce qui est très relatif, l’état angélique de l’être n’appartient pas à la nature « Olympienne » de l’initiation, telle qu’elle fut comprise dans les sociétés Traditionnelles (selon l’action de la technique du rite, sur le plan spirituel, aussi objectif et impersonnel, détaché de la moralité. Durant les premiers siècles chrétiens, on distinguait bien le divinificatio du sanctificatio. La divinificatio est une notion ontologique, elle désigne un changement de nature, de même que la transformation initiatique de l’individu. La sanctificatio, en revanche, possède un caractère moral et subjectif, elle concerne l’attitude de l’individu, sa conduite de vie. D’ailleurs, au Moyen-Age, toujours dans le cadre du Christianisme, qu’est-ce que le rite de la consécration des rois, ou de celui des évêques, sinon une transformation de nature chez celui qui en était l’objet, et l’impression en lui qui en découlait d’un character indelebilis ?cf. Révolte contre le monde moderne J.Evola) mais nous y reviendrons aussi.

D’ailleurs c’est la raison pour laquelle il continue en disant que : « du point de vue des initiés, cette ingénieuse polarisation relève du conte pour enfants », « la manœuvre était destinée aux « profanes » afin de protéger l’institution maçonnique de ses détracteurs, voire de les y attirer. Encore aujourd’hui, cette sémantique fallacieuse est assénée de façon péremptoire par beaucoup de guénoniens « virtuels », loin d’imaginer à quel point les « hauts » initiés les méprisent ». Une chose est certaine, aucun Occidental franc-maçon n’a pu être initié à quoique ce soit, la franc-maçonnerie étant le vestige croulant et cadavérique d’un ritualisme artificiel et inopérant, une contrefaçon subversive de la spiritualité supra-rationnelle, (et c’est la raison pour laquelle nous comprenons bien qu’aucune « transformation » n’a pu intervenir chez Monsieur Ovitch, puisqu’il a fallu qu’il tombe sur un livre de Pierre Hillard pour ouvrir les yeux, preuve que rien de « supra-humain » ou « supra-mondain » n’a pu intervenir au long de sa pérégrination maçonnique) plongée dans le rationalisme, de théorie de « lumière naturelle », d’antitradition, d’individualisme. Il a suffit qu’on laïcise et qu’on démocratise cette idée d’initiation, en réalité, la traduire en termes purement individualistes, et retrouver aussitôt les principes de bases des idéologies subversives et révolutionnaires modernes.

Le surnaturel a été banni et confondu avec la nature. Liberté, égalité, parité (fraternité) même deviennent alors autant de termes revendiqués de manière prévaricatrice par l’individu « conscient de sa dignité » mais jamais de son esclavage envers lui-même.

Le syncrétisme qui y règne nous permet d’affirmer qu’il s’agit bien d’organisations pseudo-initiatique, ce que, nous voulons bien aussi remarquer, Guénon admet tout en donnant son aval, car il est étrange, effectivement, que celui-ci affirme qu’à part le Compagnonnage, la maçonnerie est l’unique organisation existant actuellement en Occident qui, malgré sa dégénérescence, « peut revendiquer une filiation traditionnelle authentique et une transmission initiatique réelle » (R.Guénon, Aperçus sur l’initiation, Paris, 1946, pp.40, 103).

Pourtant le diagnostic qui considère à juste titre la maçonnerie comme un syncrétisme pseudo-initiatique porté par des forces souterraines de contre-initiation, établie d’après les vues de Guénon lui-même, est plus ou moins contesté par lui (cf.ibid., p.201)! Il est donc effectivement difficile de concilier cela avec le caractère de traditionnalité que Guénon reconnaît en même temps au catholicisme, ennemi mortel de la maçonnerie moderne.

C’est ainsi qu’effectivement Monsieur Ovitch a les armes suffisantes pour alimenter la polémique catholique intéressée (« le théâtre, la scène et les coulisses… »). En effet, L’emploi subversif du Mystère, qui s’est produit, par un phénomène d’inversion, notamment dans la maçonnerie, anomalie tératologique, a servi et sert encore d’aliment à la super grande thèse que Monsieur Ovitch va nous servir : la Tradition Primordiale, initiatique, avait eu, de tout temps (même quand on se réfère à des Traditions bien antérieures au Christianisme, ce qui est assez comique), un caractère ténébreux, diabolique, anti-chrétien et par conséquent : subversif. C’est pour cela que nous répondons aujourd’hui, (même s’il est vrai que cette thèse est aussi favorisée par ceux qui donnent à la maçonnerie, de manière inconsidérée, un caractère d’orthodoxie et de filiation initiatique authentique).


3) Il nous semble inutile de relever les considérations sur la jeunesse et les premiers poèmes de Guénon. La jeunesse étant ce qu’elle est, il est toujours possible de revenir sur ses premières positions, Monsieur Ovitch en est la preuve vivante, en se sortant de la maçonnerie, et nous l’en félicitons. Monsieur Ovitch nous dit ensuite: « René Guénon explique au sein même des organes antimaçonniques que la subversion de la maçonnerie a été possible par sa dégénérescence spéculative, et que seule sa restauration opérative, lui serait salutaire (Pas corporatif. Confusion entretenue depuis des siècles par la maçonnerie pour se prétendre héritière des bâtisseurs de cathédrales, ce qu’elle ne peut être, référents spirituels antagonistes obligent, mais aussi dissimuler la dimension magique de la maçonnerie opérative ou de la « Haute maçonnerie », ce qui sinon trahirait son paravent laïc.) » C’est entièrement méconnaître les Ordres issus de la haute chevalerie du Moyen-Age Œcuménique : la geste Arthurienne, (si intelligemment reprise dans les oeuvres de Tolkien), liée à la Tradition du Graal, le courant Gibelin et les Fidèles d’Amour, les troubadours Romans, L’Ordre de Saint-Jean, et bien-évidemment, les Rose-Croix, (cf. J.Evola Le Mystère qui Graal et l’idée Impériale Gibeline ) dont Monsieur Ovitch corromps le sens, et nous allons y arriver.

Il est évident que toute la maçonnerie moderne a corrompu les veines spirituelles et ascétiques de ces ordres, et selon le processus que nous venons d’indiquer auparavant.

En ce qui concerne les Rosecroix : il s’agit plus d’ailleurs d’un titre de réalisation intérieur que d’un ordre, soit. Et je renvoie les lecteurs à l’ouvrage d’Evola ( Le Mystère du Graal et l’idée Impériale Gibeline), pour un exposé tout à fait complet de la doctrine des Rose-croix qui serait trop longue à expliquer ici. En revanche, quand Monsieur Ovitch assure que ces rose-croix étaient infiltrés par le lourianisme, il se réfère aux tentatives de refonte de cet Ordre, à travers les écrits de Valentin Andrea et d’autres auteurs dont la tendance a été d’utiliser les Mystères des rose-croix dans un sens illuminisme et protestant d’aversion pour l’Eglise Catholique, tendance qui est à l’origine des plus graves équivoques et dangereuses déviations, et que Monsieur Ovitch reprend à son compte (peut-être sans le savoir) : celle qui amena précisément les princes teutoniques à trahir l’idée sacrale d’Empire au moment même de leur émancipation luthérienne à l’égard de Rome. « Il s’agit là de cette même involution en vertu de laquelle, au lieu de dominer la spiritualité lunaire imparfaite représentée par l’Église, par une forme plus élevée, plus virile, plus proche de la royauté transcendante du Graal, on ne sut s’en émanciper, dans les temps modernes, qu’en se reliant au rationalisme illuminisme, au libéralisme et à la culture laïque, ce qui représente un renversement presque démoniaque du gibelinisme » (J.Evola, Le Mystère du Graal et l’idée Impériale Gibeline, p.247).


4) Monsieur Ovitch nous parle ensuite des Templiers : « Goldman Sachs de l’époque », chose risible, car leur fortune était liée à leurs entreprises guerrières, donc acquises selon une éthique et un « éthos » viril et guerrier, (et dont les Catholiques fervents feraient bien aujourd’hui de s’inspirer, ne serait-ce que de loin, concernant certains principes de « dépassements héroïques de soi » à travers le combat : J.Evola Métaphysique de la guerre , J.Evola La doctrine aryenne de lutte et de victoire ) et non pas à travers la spéculation ou le prêt à intérêt.

Puis il nous parle de Dante, et du fait que Mazzini (en toute logique, puisque franc-maçon) le réhabilite. Inutile de revenir sur cette sombre figure de Mazzini (qui comme tout bon maçon à perverti l’ésotérisme de Dante), qui est de notoriété publique. En ce qui concerne la relation entre les Templiers et l’Église : on peut avoir un avis moins unilatéral et plus nuancé. Comme dans un divorce, les torts sont partagés, pourquoi Monsieur Ovitch ne nous parle-t-il pas des critiques plus que légitimes de Dante quant à la corruption frappante de l’Église? De plus, je veux bien admettre que l’Ordre des Templiers subissait une « perte de vitesse » et une certaine dégradation, mais effectivement, l’Ordre, de par sa spiritualité et son « éthique » qui dépassait la simple « christolâtrie », en se refusant au pathos du « péché », était visé par la coalition des représentants des deux principes qu’il surpassait : 1) le Pape, allié à 2) un souverain de type laïque, sécularisé et despotique, ennemi de l’aristocratie, Philippe le Bel. Et il est évidemment facile d’alimenter, en plus, les fantasmes liés à ces mêmes Templiers quand leurs procès, sous les ténébreux auspices de l’inquisition déchaînée, utilisait la torture pour tirer des aveux, ou lorsqu’ Éliphas Lévy dessinait la fameuse figure du Baphomet, (encore une fois, nous renvoyons les lecteurs au livre Le Mystère du Graal et l’idée Impériale Gibeline J.Evola).


5) Monsieur Ovitch, nous dit que c’est la marque des « gnostiques » (dont nous ne nous sentons pas affiliés) de faire passer les principes métaphysiques en premier par rapport à?…Il ne nous le dit pas, seulement : « l’utopie sur le réel ». Le réel correspondant à?… Il ne nous le dit pas non plus : la FOI? Dans ce cas là, il y a dialogue de sourd. De croire au dogme de l’Incarnation est une chose, tout aussi légitime que de se référer à des principes métaphysiques antérieurs à la « croyance » en l’Incarnation . La FOI est par définition et pour reprendre Soral, quelque chose qui ne se discute pas. Reprendre l’Incarnation comme processus, en plus « orthodoxe » à la Tradition, pour Guénon (cf. Le Roi du Monde, Le Règne de la quantité et les signes des temps), s’inscrivant dans une métaphysique antérieur n’a rien d’anti-catholique, à moins effectivement, de recourir à cette « révélation » qui les a « pénétrés », signe effectivement d’une spiritualité très féminine et lunaire, que l’Occident a choisi, et ma foi, je n’ai rien contre non plus.

Mais ça ne veut pas dire que si, dans le sens d’un dépassement de la simple prière et de la dévotion exotérique, un individu souhaite un développement spirituel (comprenez une en-stase, maitrisée, claire et consciente, propre aux spiritualités initiatiques, différente de l’extase, subie extérieurement, propre à la spiritualité émotionnelle et à la « religion ») et une voie qui lui semble mieux adapté, cela soit forcément « gnostique », comprenez « démoniaque »… ce qui est le cas de la doctrine de l’Éveil originaire pâli du Bouddhisme et du prince Siddhartha, qui cherche non pas à « devenir un dieu », dans le sens luciférien et prométhéen, mais qui cherche le Détachement et l’Inconditionné, (marcher, en le contemplant, le long du courant Samsârique), nous y reviendrons.


6) Monsieur Ovitch nous dit que Guénon a voulu faire admettre aux catholiques que « les cornes » étaient supérieurs à la « couronne ». Faux, Guénon, tout comme Evola, admettait, que la racine étymologique de la corne, en même temps que la couronne, était effective et même physique. Toutes deux sont liées au Rayons Solaires! (cf: R.Guénon, Symboles de la Science Sacrée ) et la Tradition Hyperboréenne sous le signe de la couronne, faisait exister l’union, aux origines, de l’autorité spirituelle et du pouvoir temporel, unité des deux pouvoirs, pouvoir royal et pouvoir hiératique, unité du sacral et du viril (cf: Révolte contre le Monde moderne et Synthèse de la doctrine de la race, J.Evola).

Quant à « l’incantation », il s’agit plutôt, quand on est honnête, de l’action réelle du rite: « L’instrument « pontifical » – donc de « liaison » par excellence, à l’origine, prérogative royale était le rite. (…) le rite, pour les anciens, n’était pas une cérémonie vide et superstitieuse » (comme peuvent l’être les pseudos-initiations maçonniques). « S’y exprimait au contraire une attitude virile et dominatrice face au suprasensible, puisque, alors que la prière est une demande, le rite, selon cette vue, est un commandement et une détermination. Le rite est une espèce de « technique divine », qui se distingue de la pratique moderne du fait qu’il n’agissait pas sur les lois extérieures des phénomènes naturels mais influait sur les causes suprasensibles de ceux-ci; en second lieux, parce que son efficacité était conditionnée par une force spéciale et objective, supposée présente en celui qui devait accomplir le rite. » (J.Evola, Synthèse de la doctrine de la race, p.63).


7) Monsieur Ovitch, nous dit que comme tous les auteurs « pérennialistes », Evola et Guénon, effectivement, jugent « éronés », « hérétiques » voire dangereuses les sectes Théosophistes, anthroposophistes, sans nous dire pourquoi. Nous renvoyons donc les lecteurs, pour comprendre cela, aux ouvrages L’Erreur spirite, le Théosophisme, de R. Guénon, et Masques et visages du spiritualisme contemporain, et Le chemin du Cinabre de J.Evola. Monsieur Ovitch nous parle ensuite du « paganisme » d’Evola (je précise qu’Evola est revenu sur son ouvrage, Impérialisme Païen, jusqu’à en interdire une réédition de son vivant, en en rectifiant sa doctrine au fil du temps, (cf. Le chemin du cinabre), en nous montrant une vision fort unilatérale du paganisme : « sacrifices humains à ciel ouvert » et c’est tout… (et sans jamais comprendre, la notion de sacrifice « actif », Héroïque, Ouranien, selon un ethos spirituel, une entéléchie Aristotélicienne bien réelle, qui permet une « métaphysique de la guerre »). Quels sont les traits principaux de la vision païenne de la vie, telle qu’elle a été imaginée et répandue par l’apologétique ?

Tout d’abord : la vision païenne de la vie aurait ignoré toute transcendance. Elle n’aurait connu qu’une indistinction entre l’esprit et la nature, une équivoque unité de corps et d’âme. Sa religion se serait réduite à une divinisation superstitieuse des phénomènes naturels ou des énergies raciales, érigées en autant d’idoles. D’où, en premier lieu, un particularisme, un polythéisme conditionné par la terre et le sang. En second lieu, l’ab­sence de notion de personnalité spirituelle et de liberté, un état d’innocence, celui qui est propre aux êtres naturels, à ceux qui n’ont encore éprouvé aucune aspiration véritablement surnatu­relle. Ou cette « innocence » – ou la licence, le « péché », les plai­sirs de la chair. Dans les autres domaines aussi, soit superstition soit civilisation purement « profane », matérialiste, fataliste. À part certaines « anticipations » jugées négligeables, c’est avec le christianisme que se serait manifesté, pour la première fois, le monde de la liberté surnaturelle, c’est-à-dire de la grâce et de la personnalité, face au déterminisme et au naturalisme « païen » ; c’est avec lui que se serait affirmé un idéal « catholique », à savoir, étymologiquement, universel, un sain dualisme, permettant la subordination de la nature à un ordre supérieur, à une loi d’en haut, et le triomphe de la loi de l’esprit sur celle de la chair, du sang et des « faux dieux ». Tels sont les traits les plus typiques de la conception prédominante du paganisme, c’est-à-dire de tout ce qui n’est pas vision spécifiquement chrétienne du monde. Ce qu’ils ont d’inexact et d’unilatéral, il est à peine besoin de le faire remar­quer à tous ceux qui ont une connaissance directe même élé­mentaire de l’histoire des civilisations et des religions. Du reste, déjà certains Pères de l’Église démontrèrent une plus grande compréhension des symboles et des cultes des civilisat­ions précédentes. » (J.Evola Synthèse de la doctrine de la race , p.135).

Monsieur Ovitch, nous dit ensuite, que ni Evola ni Guénon ne se sont opposés à l’essence luciférienne du système républicain, ou ne se sont opposés à la ploutocratie. Quelle rigolade! Nous invitons donc Monsieur Ovitch à lire Les Hommes au milieux des ruines (particulièrement le chapitre sur la guerre occulte) de J.Evola, mais aussi Masques et visages du spiritualisme contemporain , Écrits sur la Franc-Maçonnerie , Essais politiques, idée impériale et nouvel ordre européen, économie et critique sociale, germanisme et nazisme (et les passages consacrés à la sombre personnalité de Richard Coudenhove-Kalergi), mais aussi Le Fascisme vu de droite , et encore Le mystère du Graal, et l’idée impériale Gibeline . Il me semble aussi que Guénon a bien souligné dans son ouvrage Le règne de la quantité et les signes des Temps , le rôle de dissolution systématique d’une certaine communauté, dont Monsieur Ovitch connait bien mieux que moi l’action délétère dans l’établissement de la République et de sa mystique laïque (merci à Youssef Hindi et son ouvrage La mystique de la laïcité, et à Vincent Peillon, ancien ministre de l’Éducation d’avoir craché le morceaux)…

8) Il est important de rectifier la notion « Impériale ». Evola ne cherche pas, à travers cet idéal à revenir aux temps « païens », avec toutes les significations fallacieuses que Monsieur Ovitch, essaye de placer derrière, mais bien à renouer avec une conception Organique de l’Etat, selon le principe de l’ « Imperium » Romain : « le fondement de tout véritable Etat c’est la transcendance de son principe, c’est-à-dire du principe de la souveraineté, de l’autorité et de la légitimité » (…) « on pouvait donc parler autrefois du caractère sacré du principe de la souveraineté et de la puissance, c’est-à-dire de l’Etat. Ainsi, c’est au domaine du sacré qu’appartient essentiellement l’ancienne notion romaine d’Imperium qui, avant d’exprimer un système d’hégémonie territoriale supranationale, désigne la pure puissance du commandement, la force quasi mystique de l’autoritas propres à celui qui exerce les fonctions et possède la qualité de Chef, aussi bien dans l’ordre religieux et guerrier que dans celui de la famille patricienne – la gens – et éminemment de l’Etat, de la respublica ». (J.Evola, Les hommes au milieux des ruines, p.29).

On se retrouve donc à des années lumières de la vision si étroite de Monsieur Ovitch quand à l’idée de simple « Impérialisme ». Mais une question donc, nous taraude : comment donc le Christianisme durant la lumineuse période du Moyen-âge œcuménique, a-t-il pu prendre une telle hégémonie sans de pareils principes ? Que dire du couronnement des rois des Francs qui reprenait la formule : Renovatio Romani Imperii ? Des Mérovingiens, Clovis, Carolingiens, Charlemagne (Fustel de Coulanges, dans Les Transformations de la royauté pendant l’époque Carolingienne, p.527, relève que si Pépin le Bref, Charlemagne et Louis le Pieux jurèrent d’être les « défenseurs des églises », « nous ne devons pas nous tromper sur le sens de cette expression ; elle avait alors, une signification fort différente de celle qu’elle aurait de nos jours. Avoir les églises dans sa défense ou dans sa mainbour, c’était, suivant le langage et les idées du temps, exercer sur elles à la fois la protection et l’autorité. Ce qu’on appelait défense ou mainbour était un véritable contrat qui entraînait inévitablement la dépendance du protégé (…). Il était soumis aux obligations de toutes sortes que la langue du temps réunissait sous le seul mot de fidélité. Aussi devait-il prêter serment au prince. » Si Charlemagne se veut le défenseur des églises, il réclame aussi pour soi l’autorité et la tâche « de la [l’Église] fortifier au dedans dans la vraie foi », p.309 ), Capétiens, Frédéric Ier, etc?… Tout cela est « païen » ? Il faut donc rompre avec notre héritage helléno-romain?

Et que dire de la rédaction en Latin du Nouveaux Testament (et qu’effectivement, comme le faisait remarquer R.Guénon: « que le monde occidental n’avait à sa disposition aucune langue sacrée autre que l’hébreu ; il y a là, à vrai dire, un fait assez étrange et qui appelle quelques observations ; même si l’on ne prétend pas résoudre les diverses questions qui se posent à ce sujet, la chose n’est pas sans intérêt. Il est évident que, si l’hébreu peut jouer ce rôle en Occident, c’est en raison de la filiation directe qui existe entre les traditions judaïque et chrétienne et de l’incorporation des Écritures hébraïques aux Livres sacrés du Christianisme lui-même ; mais on peut se demander comment il se fait que celui-ci n’ait pas une langue sacrée qui lui appartienne en propre, en quoi son cas, parmi les différentes traditions, apparaît comme véritablement exceptionnel », (R.Guénon, Aperçus sur l’ésotérisme chrétien, p.16) ?


9) Monsieur Ovitch nous fait part de ses considérations sur le symbole de l’Ouroboros, comme étant la clé d’interprétation de la Tradition… Encore une fois, jugement unilatéral et arbitraire, c’est méconnaître le principe clé de la reconquête héroïque et Olympienne et l’idée nécessaire de la restauration d’un cycle non pas marqué par le signe du serpent Python (comprenez : Tellurico-Chtonien), mais bien par sa force antagoniste Ouraniene, notamment au travers de la figure d’ Héraklès. Soit dépasser le cycle de la spiritualité « lunaire », soit la virilité « matérialisée », c’est-à-dire soit le prêtre, soit le simple militaire ou le titan : ces traits se retrouvent dans les figures « héroïques » de presque toutes les traditions (Paraçu-Râma du Kalki-Avatara, qui doit revenir, comme dans le cycle Arthurien, tout comme le dernier cavalier de l’Apocalypse, sur un cheval blanc), « c’est précisément dans ces termes, par exemple, que la tradition héllénico-achéenne décrit Héraklès comme le prototype héroïque : son éternelle adversaire est Héra, figure souveraine du culte panthéistico-lunaire ; Héraklès emporte de haute lutte l’immortalité olympienne, parce qu’il est l’allié de Zeus, du principe olympien, contre les « géants » (comprenez les forces de subversions, « ceux qui se prennent pour dieu, ou veulent le surpasser »); (…) « il faut remarquer que si le « titan » est conçu comme celui qui n’accepte pas la condition humaine et veut dérober le feu divin, un seul trait distingue le héros du Titan. D’où l’exhortation de Pindare à ne pas « vouloir devenir des dieux » et , dans la mythologie hébraïque, le symbole de la malédiction d’Adam qui correspondit à un avertissement analogue et signala un danger fondamental ».(J.Evola Le mystère du Graal, et l’idée impériale Gibeline , p.29).

10) Il est vrai que Julius Evola a rendu compte de la « voix de la main gauche », (vâmâcârâ tantrique), mais sur la base d’une préparation ascétique, que Monsieur Ovitch omet sciemment, pour finalement nous pondre une belle « schutzpa » inversé en comparant Guénon à Attali et Evola à BHL… sans commentaire. Cette préparation ascétique n’a effectivement pas vocation à s’appliquer à tout le monde, pour bien comprendre cette voix de la main gauche, sans tomber dans les fantasmes ni les mauvaises interprétations, nous invitons les lecteurs à se procurer Le Yoga Tantrique et Chevaucher le Tigre de J.Evola. De plus, le fait qu’Evola ait participé au groupe d’Ur et Krur ne signifie pas qu’il ait donc, par « capillarité », suivi et qu’il ait été « contre-initié » en loge, comme Reghini, dont il s’est finalement éloigné (cf, Le chemin du Cinabre, J.Evola ), ni avec Maria Naglowska, qu’il a critiqué (cf, Métaphysique du sexe, J.Evola ). Nous partageons les mises en garde qu’il est impératif de faire concernant Crowley.


11) Il nous semble inutile de commenter l’érudition de Monsieur Ovitch concernant la gnose, ni sur : « Le monde matériel étant mauvais, la procréation aussi puisque renfermant des âmes dans des corps. Cette haine de la vie amène logiquement l’arhat ou l’endura (récompenses oscillant entre jeûne et euthanasie) ainsi que la nécessaire transgression de la loi naturelle. », ou encore ses considérations sur la métempsycose et surtout la réincarnation, qui est une dégénérescence de la doctrine de l’Éveil originaire pâli du Bouddhisme (cf, La doctrine de l’Éveil , J.Evola).

Les auteurs, concernant le Bouddhisme, que Monsieur Ovitch cite, n’ont jamais compris que le Bouddhisme était une doctrine Initiatique, (et n’ont jamais posés les yeux sur les textes originaux Pâli), profondément éloignée des aspirations de la simple notion de « religion », comprenant celui-ci comme une simple morale ayant pour fondement la compassion, l’humanitarisme, l’évasion de la vie parce que « la vie est souffrance », etc… il est ainsi clair qu’Étienne Couvert ne pouvait que déduire que le bouddhisme, sous cette forme, complètement dénaturée, ne pouvait être que postérieure au Christianisme… mais c’est bien encore une marque d’arrogance de « l’intelligentsia » Occidentale, (« la chaire d’histoire des religions du collège de France », « absence de temple » ! Risible, que dire alors des catacombes des premiers Chrétiens! Et ce n’est toujours pas comprendre que la transmission orale, et les enseignements de cette doctrine [de l’Éveil (Bouddhisme)] auraient pris pour tellement futile et frivole l’érection d’un quelconque temple!…), se contentant de cette tendance « évhémériste », méconnaissant entièrement la méthode de « thanatopraxie » analogique et comparative Traditionnelle… Bon…Tout y passe finalement. Ah non! Pas le Taoïsme! Faute! Dommage!…


12) Monsieur Ovitch, dans son interprétation systématique de « gnose » concernant les doctrines sapientielles, nous affirme que le but donc est Titanique, orgueilleux, de « se faire Dieu » au lieux de lui plaire. On voit toute les limites « Théistes » de sa conception, puisque pour revenir au Veda, au Tao ou la doctrine de l’Éveil, et ce que nous avons évoqué tout au long de notre réponse, le but est complètement ailleurs, il s’agit de réaliser l’Inconditionné, le Détachement total qui se place AU-DELÀ du royaume des dieux et à fortiori du Dieu « Théiste », « créationniste », et de l’idée d’un homme engendré per hiatum (crée par la divinité comme un être détaché).

Nous ne pouvons que constater ensuite, une totale incompréhension de l’ascétisme Indo-Oriental (en réalité Aryen, bien compris, et non fantasmé) qui s’ensuit… la faute, et je suis d’accord, à la maçonnerie, puisqu’il poursuit sur celle-ci : « Quant à l’humilité tant claironnée, de fait impossible dès lors que la créature cherche à devenir tel le Créateur ou de s’en libérer, elle est plus un mantra destiné à casser les défenses immunitaires (si vous contestez c’est du fait de votre égo) qu’une réalité. Cette supercherie s’illustre concrètement par les decorum et titres grandiloquents dont les hauts gradés de la franc-maçonnerie, du bouddhisme ou du catharisme se parent. » en effet, tout, dans les entrailles en putréfaction d’un des corps de la guerre occulte et de la subversion mondiale qu’est la maçonnerie (et sectes qui s’y rattachent) se résume ainsi : Vanitas vanitatum et omnia vanitas …

13) Monsieur Ovitch termine ainsi que nous l’avions prévu, par la notion de « Foi ». Encore une fois, la Foi ne se discute pas. Elle s’adresse aux âmes, et je pense qu’une âme en perdition, tel qu’il peut y en avoir tellement dans cette sombre période, doit nécessairement revenir à la Foi Catholique, pour un français, conscient de son histoire, qui s’oppose au Great Reset, et au Nouvel Ordre Mondial.

De là ensuite à critiquer le « patriote » musulman tel qu’il en existe tellement en France, en le traitant de « gnostique », ou « hérétique » comme finalement le ferait sans doute Monsieur Ovitch, et tel que nous l’avons entendu de la bouche de certains (jeunes) prêtres catholiques, (puisque l’Islam a lui aussi un ésotérisme: le soufisme, mais pourtant une eschatologie convergente avec celle du Christianisme, cf : Imran N. Hosein, Une vue Islamique de Gog et Magog dans le Monde Moderne ; Jérusalem dans le Coran), ce ne serait rien comprendre à la notion politique « d’ ennemi prioritaire » pour reprendre Carl Schmitt, et on voit (aussi), toutes les limites effectives de ces groupuscules qui se disent « de droite », sans épine dorsale, et sans principes ontologiques (Papacito, débat Rochedy/Hindi)!

En ce qui nous concerne, nous comprenons aussi les limitations de Guénon, liées à son « équation personnelle », très formaliste en un certain point, et « intellectualisante », fermant la compréhension du « dépassement de soi » par l’action héroïque, puisque axé sur la « contemplation » (cf. Méditation du haut des cimes , J.Evola). Et si effectivement la loge « guénonienne » La Grande Triade a obtenu du Général de Gaulle l’annulation des lois antimaçonniques de Pétain, cela confirme le fait que toute maçonnerie aujourd’hui, n’a plus rien de « Traditionnel » ou d’initiatique au sens positif du terme, mais qu’il s’agit systématiquement, en réalité, de sinistres coteries politiques .

14) Nous ne sommes pas d’accord sur le fait que seuls les catholiques « crient leur doctrines sur les toits », tout dans la maçonnerie aujourd’hui est criant! Il suffit de voir à quel point elle accompagne le « sens de l’histoire », « progressiste », (voire la déclaration de François Hollande, alors président de la République, sur la franc-maçonnerie du 27 Février 2017, et les tentatives de recrutement dont nous avons été témoins).

Revenons au propos de Monsieur Ovitch : « Ensuite, si le mot hérésie signifie opinion et qu’il y a deux irréductibles traditions, adamique et ouroborique, la « religion à la carte » sert donc l’une ou l’autre, car en ce domaine la neutralité et la synthèse sont impossibles. » Nous avons déjà exprimé notre opinion sur cette vision unilatérale et « religieuse » de la Tradition. Monsieur Ovitch, ensuite, nous parle longuement des gnostiques… nous ne nous sentons pas concernés. Nous partageons le même ressentiment contre les figures de Davos, les Soros, et toute cette joyeuse confrérie. Étonnant rapprochement entre les Cathares et Davos, après tout pourquoi pas!


15) Monsieur Ovitch, ne semble pas avoir été « convaincu » par la thèse de Laurent Guyénot. Pour notre part, nous sommes assez d’accord avec Laurent Guyénot dans Du Yahvisme au sionisme, pour dire que Yahvé est bien une figure divine des plus « sociopathique » de l’histoire de l’humanité, et pour le coup, elle cristallise bien tout ce que Monsieur Ovitch, à propos du paganisme, veut décrire des anciennes Traditions Indo-Européennes, dont la métaphysique Solaire et Ouranienne, la lumineuse Hellade, décrite par Homère (l’Iliade et l’Odyssée dont il faudra peut-être finalement aussi renier l’héritage?) semble bien éloignée de ce Dieu sémite, Chtonien, tribal, vengeur, sensuel, jaloux et d’un exclusivisme mortifère.

Nous sommes d’ailleurs assez d’accord avec Simone Weil, et Félix Niesche (cf, Voltaire Antisémite) pour dire que de faire l’amalgame entre le dieu de l’Ancien Testament et le « Père » dont parle le Christ nous semble être une « atroce plaisanterie »… Passons aux conclusions de Monsieur Ovitch, qui nous dit finalement, que vous avez le choix : soit le Dieu cornu des païens, qui renvoie aux forces Telluriques et Chtoniennes, soit la Foi catholique. Bon, inutile de redire ce que nous avons déjà dit, à propos de sa vision unilatérale et profondément fausse sur les Traditions Indo-européennes.

Pour conclure, nous dirons que l’interview de Monsieur Ovitch a un mérite, celui de mettre en garde contre la Maçonnerie. Mais il est clair que l’Église Catholique n’a certainement besoin ni d’Evola ni de Guénon pour autant se casser la figure aujourd’hui. Nous conseillons aux lecteurs, tout comme pour Céline, Soral même, d’aller directement aux textes et de supprimer les intermédiaires, pour saisir la profondeur des propos des auteurs, en « espérant » qu’un certain « changement de polarité » s’effectue alors en lui, dans un sens ascendant, anagogique.

Nous sommes d’accord pour dire que la France doit revenir au Catholicisme (France, fille aînée de l’Église), qu’elle doit supprimer les principes de 1789 et renouer avec les « fonts baptismaux » de Reims. Que tout français patriote qui lutte contre les attaques du Nouvel Ordre Mondial, contre tous ces « progressismes » dissolutifs (immigration massive, néo-libéralisme, LGBTQisme, CRIF, LICRA, etc…) doit effectivement placer sur son étendard : le Christ et la Vierge Marie . Mais! Revenir à Reims signifie donc qu’il va falloir trouver aussi en priorité un nouveau Clovis avant un nouveau Saint Rémi, c’est-à-dire un Homme (ou une femme, nous avons eu Jeanne d’Arc), « différencié », avec une éthique, un style et des valeurs qui reconnaissent les « droits supérieurs d’une conception guerrière de la vie », avec une Spiritualité transcendante du dépassement « ksatriatique » de Soi au travers du Sacrifice dans la lutte, (et non pas du simple « sacrifice humain » barbare dont Monsieur Ovitch pense que ce fut, de manière unilatérale, et pour mieux nous réhabiliter Yahvé derrière, l’apanage éternel des peuples païens ; nous invitons les lecteurs à s’intéresser à l’expérience héroïque du guerrier Arjûna dans le texte du Baghavad-gîtâ) et qui pourrait donner le ton à un type sui generis d’organisation politico-sociale (goût de la hiérarchie, rapports de commandement et d’obéissance, courage, sentiment d’honneur et de fidélité, certaines formes d’impersonnalité active pouvant aller jusqu’au sacrifice anonyme, relations clairs et ouvertes d’homme à homme, de camarade à camarade, de chef à subordonné, telles sont les valeurs caractéristiques traditionnelles vivantes de ce qu’on pourrait nommer une « société d’hommes »).


En ce qui concerne la figure du prêtre (catholique), peut-être faudrait-il revoir le sacerdoce. Il est clair que tout vrai ascétisme préconise, graduellement, ou ontologiquement (tout cela dépend de la nature de l’individu, notamment dans le tantrisme: différence entre vîra et divya) l’abstinance sexuelle, mais de là à en faire une règle et un dogme unilatérale qui trahis plus une certaine « sexophobie » qu’autre chose, et qui donne, pour les meilleurs et les plus qualifiés, les grands mystiques extatiques, mais qui donne aussi, pour les moins préparés, tous les aspects problématiques que l’on jette à la face de l’Église aujourd’hui (homosexualité, éphébophilie, pédophilie dans le pire des cas), nous laissons la question ouverte, et il existe évidemment aujourd’hui des prêtres et des abbés qui remportent toute notre estime et notre sympathie.

En mots de conclusion, et pour la jeunesse qui arrive et qui devra suivre une ligne de conduite particulière pour rester ces « Hommes au milieux des ruines », nous citerons donc Julius Evola dans son ouvrage l’Arc et la massue :

« II s’agit, pour les jeunes, du problème de leur formation, au sens le plus objectif du terme. Ici une difficulté se présente, du fait que toute formation suppose, comme point de référence, certaines valeurs, alors que le jeune révolté repousse toutes les valeurs, toute la « morale » de la société existante et de la société bourgeoise en particulier. Mais, à cet égard, il faut établir une distinction.

II y a des valeurs qui ont un caractère conformiste et une justification tout à fait extérieure, sociale, pour ne pas parler des valeurs devenues telles parce que leurs fondements originels ont été irrévocablement oubliés. Par contre, d’autres valeurs se proposent uniquement comme des appuis pour assurer à un être une véritable forme et une fermeté. Le courage, la loyauté, la franchise, la répugnance pour le mensonge, l’incapacité de trahir, la domination de tout égoïsme mesquin et de tout intérêt inférieur peuvent être comptés au nombre des valeurs qui, d’une certaine façon, surplombent le « bien » comme le « mal » et se tiennent sur un plan non « moral », mais ontologique : précisément parce qu’elles donnent un « être » ou le renforcent, contre la condition présentée par une nature instable, fuyante, amorphe. II n’y a ici aucun impératif. Seule doit décider la disposition naturelle de l’individu.

Pour prendre une image, la nature nous présente aussi bien des substances parvenues à une complète cristallisation que des substances qui sont des cristaux imparfaits et inachevés, mêlés à une gangue friable. Certes, nous n’appellerons pas « bonnes » les premières, « mauvaises » les autres, dans un sens moral. II s’agit de différents degrés de « réalité ». La même chose vaut pour l’être humain. Le problème de la formation du jeune et son amour pour l’autodiscipline doivent être considérés sur ce plan, au-delà de tout critère et de toute valeur de la morale sociale. F. Thiess a écrit justement :  » II y a la vulgarité, la méchanceté, la bassesse, l’animalité, la perfidie, tout comme il y a la pratique imbécile de la vertu, le bigotisme, le respect conformiste de la loi. La première chose vaut aussi peu que l’autre  » ».

En bref, « Droite des valeurs et gauche du travail » !

Force & Honneur Camarades.

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