Carrel au banc des accusés

Alain de Benoist, La Lettre de Magazine-Hebdo, 16 février 1996


Une campagne de terrorisme intellectuel


ALEXIS CARREL est connu dans le monde entier comme l’un des plus grands chirurgiens et chercheurs de ce siècle. Pendant la guerre de 1914-18, il mit au point une méthode de stérilisation des plaies qui sauva plusieurs milliers de vies humaines. Spécialiste de la conservation des organes, il inventa, avec Lindbergh, le premier cœur-poumon artificiel. En 1912, à l’âge de trente-neuf ans, il reçut le Prix Nobel de Médecine pour ses travaux sur la suture des vaisseaux, les greffes d’organes et la culture des tissus.

De 1941 à 1944, il dirigea la Fondation pour l’étude des problèmes humains, organisme dont sont issus la médecine du travail et le carnet de santé scolaire, et qui devint à la Libération l’Institut national d’études démographiques (INED). Sous l’Occupation, il ne se compromit jamais avec l’occupant, n’appartint à aucun parti politique et refusa même le poste de ministre de la Santé que lui proposa Laval en 1942.

Dans ses ouvrages, il ne fit jamais profession de racisme ni d’antisémitisme. Son livre le plus célèbre, L’homme, cet inconnu, paru en 1935, fut traduit et diffusé dans le monde entier à des millions d’exemplaires. Après sa mort, son nom fut tout naturellement attribué à des rues et des établissements publics.

Aujourd’hui, suite à une campagne d’intimidation menée par des groupuscules d’extrême gauche, on les débaptise. Le 25 janvier dernier, la faculté de médecine Alexis-Carrel de Lyon a ainsi décidé d’abandonner le nom qu’elle avait à l’unanimité choisi en 1969. Cédant aux pressions, treize municipalités ont à ce jour procédé à des initiatives du même genre. Pourquoi ? Parce qu’un demi-siècle après la publication de L’homme, cet inconnu, certains se sont avisés qu’Alexis Carrel s’y faisait le champion de l’eugénisme et y défendait le principe d’une « aristocratie biologique héréditaire ». Horresco referens ! Son nom doit dès lors être banni des mémoires, son œuvre censurée et oubliée.

Cette campagne grotesque, que le professeur René Küss, membre de l’Académie de chirurgie et de l’Académie nationale de médecine, n’a pas hésité à qualifier de « véritable escroquerie historique », se fonde bien entendu sur un anachronisme majeur : dans les années trente, les vues de Carrel étaient partagées par la quasi-totalité de la communauté scientifique — et jusqu’à la fin des années soixante, on verra encore un homme de gauche comme Jean Rostand militer en faveur de l’eugénisme.

Mais cette campagne n’en est pas moins révélatrice. Elle montre d’abord que, lorsqu’il s’agit d’un homme de droite, ou réputé tel, les mérites scientifiques, intellectuels ou littéraires ne comptent pour rien au regard des opinions qu’on lui prête. Les mêmes qui trouveraient insupportable qu’on débaptise des lycées Pablo-Picasso ou des collèges Paul-Eluard au motif qu’ils honorent des compagnons de route du stalinisme, trouvent apparemment normal qu’on gomme le nom d’un chercheur dont François Mitterrand disait le 21 juin 1992 : « Ce fut un des esprits les plus clairvoyants depuis un siècle et demi ».

Mais il faut aussi s’arrêter sur les opinions exprimées par Carrel. Hier banales, elles sont aujourd’hui devenues sulfureuses. Qu’est-il donc arrivé entre-temps ? Une découverte scientifique aurait-elle contraint à les répudier ? Nullement. C’est seulement l’idéologie dominante qui a changé. C’est bien pourquoi ces thèses ne sont pas déclarées fausses, mais tout simplement mauvaises. Ce sont des pensées immorales, des émanations du mal. On nage en pleine métaphysique.

Troisième remarque, qui découle de la précédente. Au lendemain même de la dernière guerre, alors que la France meurtrie se relevait difficilement de l’occupation allemande, donner à un établissement ou à une voie publique le nom d’Alexis Carrel paraissait tout naturel. Il en allait de même dans les années soixante et soixante-dix, à une époque où L’homme, cet inconnu se trouvait encore, en édition de poche, dans toutes les librairies. Il n’en va plus de même aujourd’hui, ce qui donne la mesure de l’évolution silencieuse qui s’est produite.

La nouvelle épuration est non seulement sans risques pour ceux qui l’entreprennent (s’en prendre aux « idées nazies » cinquante ans après la chute du IIIe Reich n’exige pas une audace exceptionnelle), elle est non seulement particulièrement lâche (l’intéressé n’est plus là pour se défendre quand on attente à son honneur), mais elle est aussi plus impitoyable que la précédente. On condamne en 1996, à un demi-siècle de distance, plus durement encore qu’on ne condamnait à la Libération. Ce seul fait montre la dimension proprement mythique prise dans l’opinion par des thématiques progressivement chargées d’une abomination de plus en plus spectaculaire à la faveur de la confusion des concepts et du flou des idées.

La lâcheté des pouvoirs publics devant cette offensive mensongère, le silence du ministère de la Culture, la façon dont la représentation nationale elle-même se laisse ahurir et sidérer par le chantage sémantique de groupuscules qui s’appuient sur les tabous du moment pour incapaciter leurs adversaires, tout cela laisse mal présager de l’avenir. Après Carrel, en effet, pourquoi ne pas débaptiser les rues Paul-Bourget, les boulevards Maurice-Barrès, les collèges Henry de Montherlant ? Et pourquoi pas les lycées Voltaire, écrivain à l’antisémitisme si outrancier que la dernière édition « intégrale » (sic) de son Dictionnaire philosophique l’a subrepticement expurgé de son article « Juifs » ?

Le 17 novembre dernier, Le Monde n’allait-il pas — ô mânes d’Orwell ! — jusqu’à prôner un « salutaire contrôle des dictionnaires » ? Une fois le doigt pris dans la machine, le corps tout entier finira par y passer. C’est de toute évidence l’objectif recherché : de la censure lexicale à l’élimination des hommes, il n’y a qu’un pas. A Lyon, la faculté de médecine portera désormais le nom de René Laennec, l’inventeur du stéthoscope, célèbre pour ses travaux sur les affections pulmonaires. Un symbole, sans doute : l’air, aujourd’hui, devient vraiment irrespirable.



Extrait de mon livre dédié à Carrel

Alexis Carrel par Daniel Leskens, rédigée pour l’excellente revue Réfléchir & Agir (n°45).

Homme de science et moraliste, catholique d’un genre particulier – mystique, mais non pratiquant –, écologiste à l’époque où la sauvegarde de la nature n’était pas encore le joujou préféré des « bourgeois bohèmes », traditionaliste en butte aux autorités de son temps… tel apparaît Alexis Carrel.

Ce pionnier de la chirurgie vasculaire, prix Nobel de médecine 1912, est l’auteur d’un ouvrage traduit en 19 langues et tiré à des centaines de milliers d’exemplaires : L’Homme cet Inconnu (Editions Plon – 1935).  Pourtant, aujourd’hui, aucun milieu officiel n’ose prononcer son nom.  Faut-il vraiment s’en étonner ?

ALEXIS CARREL, CE MÉCONNU

Une jeunesse lyonnaise

Auguste Carrel-Billiard – véritable nom d’Alexis Carrel (1) – est né le 28 juin 1873 à Sainte-Foy-lès-Lyon.

Son père, fabricant de textiles, meurt alors que le bambin n’a pas encore cinq ans.  Sa mère ne se remariera jamais, élevant seule ses trois enfants.  Le jeune garçon, dont l’esprit s’éveille tôt, se dirige d’instinct vers les sciences, tandis que son frère Joseph est attiré par la musique.  Une sœur cadette, Marguerite, est élevée selon le modèle des petites filles bourgeoises de cette fin de XIXe siècle.  Ne connaissant aucun souci financier, la fratrie vit dans le giron d’une mère attentive et aimante.

Lorsque sonne l’heure de la scolarité, Alexis entre au collège Saint-Joseph, que dirigent les Pères jésuites.  Il laisse à ses professeurs l’image d’un élève discipliné, amoureux de la nature, indépendant et silencieux.  En 1889, il passe avec succès le baccalauréat ès lettres et, un an plus tard, le baccalauréat ès sciences.

Il a dix-sept ans.  Le choix d’une carrière s’impose.  Carrel décide de s’inscrire à la Faculté de Médecine de Lyon.  Il prépare les concours successifs des hôpitaux et est reçu externe à l’hôpital de la Croix-Rousse en octobre 1893.

Ses études sont interrompues par une longue période de service militaire : Carrel est envoyé comme médecin auxiliaire dans une unité de Chasseurs alpins.

Démobilisé, il regagne Lyon et reprend ses études.  Il est nommé interne en 1896, se consacre à la médecine opératoire – tout particulièrement aux sutures vasculaires.  Il passe brillamment une thèse de doctorat sur le goitre cancéreux, puis travaille quelques mois dans un dispensaire réservé aux accidentés du travail (1901-1902).

Tout semble lui réussir.  En réalité, l’homme – qui a atteint la trentaine – étouffe dans un milieu professionnel et provincial qu’il juge archaïque, sclérosé.

Le Nouveau Monde

Opposé aux « mandarins », dégoûté par leur conformisme, Carrel songe à abandonner la médecine.  Il songe à commencer une vie nouvelle, à émigrer.  Partir seul pour les étendues du Canada… Y élever bovins et chevaux…

Le 15 mai 1904, il quitte la France pour l’Amérique.  Il voyage à travers tout le Canada, met le cap au sud et parcoure les Etats-Unis d’ouest en est.  Alors qu’il séjourne à Chicago (novembre 1904), il reçoit une proposition d’emploi de l’université de l’Illinois.  Il va l’accepter après une brève hésitation.  Commence alors, pour ce professeur par intérim de Surgical Pathology, une série de publications scientifiques (dont certaines en collaboration avec les professeurs Beck et Guthrie) et de conférences qui allait rapidement assurer sa notoriété.  Non seulement Carrel ne quittera pas l’univers de la médecine, mais il intégrera moins de deux ans plus tard le Rockefeller Institute (2), où il travaillera près de trois décennies entières, jusqu’à sa retraite en 1939.

La première période new yorkaise (1906-1914)

Pour Carrel, le travail de ces années se caractérise par une virtuosité technique et une dextérité opératoire inimitée.  En 1908, il réalise sur une jeune chienne la première transplantation rénale.  Suivra (en 1910) le premier pontage cardiaque expérimental.  1912 sera l’année de la consécration : il se voit remettre le Nobel de médecine « en reconnaissance de ses travaux sur la suture vasculaire et la transplantation d’organes et de cellules sanguines ».  Il orientera ensuite ses recherches vers la culture de tissus.  Dès cette époque, Carrel manifeste un intérêt pour la sociologie et la politique.  Il s’affirme proche des petites gens tout en dénonçant le socialisme et l’égalitarisme.  Mais ce sont les questions religieuses qui semblent alors le préoccuper le plus.  Dès 1903, les guérisons de Lourdes l’avaient ébranlé.  À la mi-août 1910, profitant de vacances, Carrel retourne dans la cité pyrénéenne.  Lui qui veut concilier la science et la foi soutient avec ferveur qu’une enfant de dix-huit mois, aveugle-née, avait miraculeusement retrouvé la vue au sortir de la célèbre grotte (3).  Il rencontre aussi lors de ce pèlerinage celle qui, durant l’hiver 1913, deviendra sa femme : Anne-Marie Gourlez de La Motte.  Elle est veuve, de haute aristocratie vendéenne, sportive.  Diplômée de la Croix-Rouge française, elle va prendre une part modeste, mais efficace, aux travaux de son mari.  C’est elle qui, avec intelligence et amour, préfacera l’ouvrage posthume de Carrel : Réflexions sur la Conduite de la Vie (4).

Carrel a 40 ans.  Ayant conquis une place de premier plan dans le monde scientifique, il est nommé membre directeur du Rockefeller Institute.  Comblé par la vie, il regagne la France en juin 1914 pour ce qu’il pense être de courtes vacances.  Son épouse – qui est enceinte de trois mois – l’accompagne.

La Grande Guerre

Le 28 juin 1914, l’archiduc héritier d’Autriche-Hongrie et son épouse tombent sous les balles de nationalistes serbes.  Un mois plus tard, l’Europe entière est en armes.  Le 1er août 1914, Carrel, aide-major de 2e classe (grade du Service de Santé aux Armées correspondant à celui de sous-lieutenant), reçoit son ordre de mobilisation.  Il est affecté à Lyon.  Dans le même temps se joue un drame familial : Anne-Marie perd l’enfant qu’elle portait.

Carrel ne restera pas longtemps à Lyon : il va obtenir un poste dans les ambulances de première ligne.  Puis il s’établit à Compiègne, à 14 kilomètres du front, où il dirige l’hôpital temporaire n° 21 – hôpital qui possède d’importants laboratoires subventionnés par la Fondation Rockefeller.  À partir de juin 1915, il développe avec le chimiste Henry Dakin une méthode de désinfection des plaies et de traitement des brûlures.  Cette méthode, qui sauvera la vie de nombreux blessés, incite le généralissime Pétain à visiter l’hôpital – et vaudra à Carrel, en 1917, la Légion d’Honneur.

La seconde période new yorkaise (1919-1939)

La guerre terminée, Alexis Carrel retourne en Amérique.  Mais le pays a changé.  La nation des pionniers lui semble soudain rongée par le matérialisme.  Anglo-Saxons, Irlandais et Scandinaves y cèdent progressivement la place à de nouveaux immigrés sans traditions, dont le seul dieu est le Veau d’Or.  Les mœurs se dégradent.  Carrel, qui mène une existence ascétique et méprise la vie mondaine, est déçu par le monde d’après-guerre : « La démocratie, sous sa forme présente a fait banqueroute.  La société ne peut progresser que par une amélioration de la qualité du matériel humain ».  Le goût de la retraite devient chez lui de plus en plus tyrannique.  Lors de vacances en France, Anne-Marie et le docteur se mettent en quête d’un coin calme, protégé des gêneurs.  Ils le trouveront en 1922 à Saint-Gildas, une île des Côtes d’Armor dépendant de la commune de Penvénan.

La crise des années 1929-30 aux Etats-Unis pousse Carrel à s’interroger toujours davantage sur l’avenir des sociétés occidentales.  Plusieurs de ses amis le pressent d’écrire un livre qui répondrait à l’ensemble des grands problèmes humains – scientifiques, politiques et sociaux.  Il en accepte le principe et se met au travail.  En 1935 paraîtra L’Homme, cet Inconnu.  L’auteur précise dans une brève introduction que son ouvrage « n’a d’autre prétention que de mettre à la portée de chacun un ensemble de données scientifiques se rapportant à l’être humain de notre époque ».  Il s’adresse à « ceux qui désirent échapper à l’esclavage des dogmes de la société moderne »car « c’est pour eux que ce livre a été écrit.  Et également pour les audacieux qui envisagent la nécessité du renversement de la civilisation industrielle, de l’avènement d’une autre conception du progrès humain ».

La diffusion du livre allait dépasser toutes les prévisions.  Carrel était devenu un maître pour des milliers d’hommes de par le monde.  Il n’en avait pas délaissé pour autant son laboratoire, poursuivant ses travaux sur le cœur artificiel (avec l’aide de l’aviateur Charles Lindbergh qui avait dessiné la pompe permettant la circulation extra-corporelle).

En octobre 1935, Carrel songe pour la première fois à créer une Fondation dédiée à l’étude de l’Homme.  Il souhaite « appliquer à toutes les activités humaines, à toutes les circonstances de la vie, l’observation positive, l’expérimentation, la méthode scientifique afin d’extraire de cette immense documentation la substance, les commandements de la vie future individuelle et sociale ».  Donner vie à cette Fondation sera l’obsession ultime du savant.

En juillet 1939, Carrel, atteint par la limite d’âge, quitte l’Amérique et rentre en France.  Dans deux mois éclatera la Seconde Guerre mondiale…

Au chevet de la Patrie blessée

C’est à Paris que Carrel apprend l’invasion de la Pologne par la Wehrmacht, le 1er septembre 1939.  Le 3, Français et Britanniques déclarent la guerre à l’Allemagne.  Carrel, âgé de 66 ans, veut servir sa patrie.  Mais certains cherchent à éconduire celui qu’ils nomment « l’Américain ».  Son aristocratisme, sa condamnation de la franc-maçonnerie, ses critiques du marxisme comme du libéralisme, sont autant de raisons pour le tenir à l’écart.  Lorsque cesse brutalement la « drôle de guerre », Carrel obtient enfin l’autorisation de monter un hôpital mobile.  Muni d’un ordre de mission, il se rend aux Etats-Unis le 18 mai 1940 pour y recueillir des fonds.  L’armistice signé à Rethondes rendra cet hôpital inutile.  C’est maintenant la détresse des populations abandonnées qui frappe Carrel.  Il faut avant tout assurer l’approvisionnement en vivres, calmer la déraison, la peur, la souffrance…  Le sort des enfants touche particulièrement le médecin, soucieux d’une carence en vitamines.  Avec son ami J.W. Johnson, il parviendra à négocier l’achat de lots de vitamines et à obtenir de la part des autorités fédérales l’autorisation de gagner l’Europe.  Il quitte l’Amérique le 1er février 1941, débarque à Lisbonne et roule en direction de Madrid.  Il rejoint ensuite Tolède et Barcelone.

Il gagne Toulouse en voiture, puis Vichy en avion (une audience lui a été ménagée auprès du Maréchal Pétain par un ancien compagnon d’ambulance de 1915).  Carrel se voit immédiatement confié une tournée d’observation en zone libre (pour lutter contre la disette).  Puis il regagne la zone occupée et arrive à Saint-Gildas à la mi-avril.  Le projet de la création d’un « super-institut » de l’Homme le hante toujours.  À Vichy, il peut compter sur le soutien actif de Bouthillier (Finances) et de Lehideux (Production industrielle).  Le 17 novembre 1941, une loi instaure la Fondation française pour l’Etude des Problèmes humains.  Son « régent » est le Docteur Carrel.  Une seconde loi signée le 14 janvier 1942 fixe la dotation de la Fondation à 40 millions de francs.

L’année 42 est marquée par une extraordinaire effervescence.  Le régent a su s’entourer d’esprits vifs et hardis.  Il exige la discipline, le désintéressement, l’entente.  Il choisit comme bras droit François Perroux, professeur d’économie politique à la Faculté de droit de Paris.  Hélas une dispute allait éclater entre les deux hommes après six mois de collaboration.  Perroux sera remplacé à la fin de 1943.

Malgré les événements, l’année 1944 voit la réalisation de plusieurs études importantes : comment améliorer les conditions de développement de l’enfant, comment lutter contre la dénatalité, comment prévenir le vieillissement précoce du travailleur…

Depuis la débâcle de juin 1940, Carrel n’avait eu qu’un seul but : le relèvement de la France.  Il fut cependant accusé de collaboration par quelques confrères jaloux, quelques résistants de la 25e heure.

Au début d’août 1944, il est victime d’une attaque cardiaque.  Le 21 du même mois, il était suspendu de ses fonctions de régent de la Fondation française pour l’Etude des Problèmes humains.  Le choc psychologique est suivi d’un effondrement physique : une nouvelle défaillance cardiaque rappelle les médecins à son chevet.  En vain : il meurt le 5 novembre 1944, à 5h.15 du matin.

Dernier tollé – où le ridicule le dispute à l’odieux : en 1996, à la suite de pétitions lancées par des mouvements d’extrême gauche, la faculté de médecine de l’Université Lyon I Alexis-Carrel fut débaptisée.  Mais qu’importe la haine : les esprits libres ne retiendront de Carrel que ses facultés claires et profondes, sa curiosité dévorante, son génie – et son honnêteté absolue.


(1) L’enfant reçut le prénom de son grand-père paternel : Auguste.  Vers l’âge de huit ans, il répondit au prénom d’Alexis, qui fut choisi par sa mère en souvenir de son père décédé.  Quant au second terme du patronyme, il disparut mystérieusement des registres d’Etat civil…

(2) Le Rockefeller Institute for Medical Research a été fondé en 1901 par le magnat du pétrole John D. Rockefeller.  Il est situé à Manhattan, dans Upper East Side.

(3) Cf. Le Voyage de Lourdes (Plon – 1949).

4) Edité chez Plon en 1950.


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