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J-M Vernochet : De Sandy Hook à Uvalde

Une Amérique fracturée proche de la guerre civile


Après le mois des soldes le mois du tir à vue

–   Le 15 mai 2022 tuerie raciste à Buffalo : au moins dix morts, en majorité des Afro-Américains dans un supermarché de l’Etat de New York ;

24 mai, Uvalde ;

–  2 juin, un homme armé d’un fusil et d’une arme de poing a tué quatre personnes dans le bâtiment d’un hôpital de Tulsa, dans l’Etat américain de l’Oklahoma, dans le sud-est du pays, avant de se suicider ;

–  5 juin nouvelle fusillade aux Etats-Unis : trois personnes sont mortes et onze autres ont été blessées lorsque plusieurs tireurs ont ouvert le feu en soirée sur la foule dans une rue bondée de Philadelphie

–  5 juin, Caroline du Sud, tirs depuis deux véhicules, lors d’une soirée de remise des diplômes, un mort, sept blessés  

« Ils » mettent le paquet !


Arthur Sapaudia : Monsieur Vernochet, que nous apprends ce nouveau carnage américain en milieu scolaire sur l’état moral, spirituel, psychique du monde occidental en général et en particulier ?

Jean-Michel Vernochet : Premier constat, chez nous, en France et en Europe, nous ne connaissons pas ce genre de tuerie sauf exception façon Anders Behring Breivik auteur du massacre de l’île d’Utoya le 22 juillet 2011. Sur le vieux continent ce sont des individus réputés déséquilibrés qui poignardent – le plus souvent au cri de « Allahou Akbar » – des passants ou des prêtres dans leurs églises.

Dernier attentat en date, un médecin militaire âgé d’une quarantaine d’années, le 10 mai à Marseille, a été frappé dix fois par une lame meurtrière sous les yeux de ses deux enfants (3 et 7 ans) qu’il venait chercher à leur école. Il vient finalement de trépasser dans l’indifférence générale. C’est certes moins spectaculaire et pétaradant qu’un massacre d’écoliers à la sulfateuse, mais mis bout à bout, en fin d’année, cela fait un sacré paquet de cadavres. Va-t-on pour autant interdire la vente des couteaux… sauf à présenter un complet bilan de santé psychiatrique ?


Interview exclusive avec Anders Breivik !

AS : Comparaison n’est pas raison !

JMV : Si, si ! On tue beaucoup en France ou l’on tabasse sauvagement dans le milieu périscolaire – dans ou aux abords des établissements de l’Éduction dite nationale – mais l’on en parle très peu… de la même façon que sont ignorés les effets secondaires létaux des vaccins expérimentaux de Pfizer car la bonne presse a évidemment d’autres chats fouetter que ces tragédies anonymes et qu’à l’arrivée, l’homme de la rue ne connaît de la réalité vraie que ce qu’il en a vu et entendu à la télé.

Ici, en France, on parle – mais c’est évidemment d’une vile rumeur parce que le ministère de l’Intérieur veille jalousement au secret statistique – d’une centaine d’attaques quotidiennes à l’arme blanche. La chose est devenue presque banale et M. Dupond-Moretti nous a doctement expliqué que cette violence relève d’un « ressenti », à l’instar de la température de l’air dans les bulletins météos ! Ce qui signifie que l’insécurité est ou serait très exagérée, que ce serait un phantasme du style de ce grand remplacement, qui n’existe pas, pas plus que les races d’ailleurs. C’est bien connu.

AS : À Uvalde qui est coupable ? La permissivité américaine quant à la libre circulation des armes ?

JMV : Convenons que lesdites armes ne tirent pas toute seules. En Suisse – mais sauf erreur, identiquement en Australie – vous pouvez acquérir et détenir librement toute sorte d’armes de poing sur simple présentation d’une pièce d’identité. Cette faculté – celle de s’armer librement – n’a jamais fait des citoyens de la Fédération helvétique de dangereux psychopathes et ce, malgré de rarissimes exception tels les 14 morts du conseil municipal de Zoug le 27 septembre 2001. À rapprocher de la tuerie, le 27 mars 2002, au conseil municipal de Nanterre dans les Hauts de Seine. La Suisse est une Nation en arme. Le fusil d’assaut est au chaud dans le placard de l’entrée. C’était aussi jusqu’à récemment l’un des rares États où s’exerçait la démocratie directe par le truchement des votations d’initiative citoyenne et où la liberté de pensée et de parole n’était pas encore obérée par des lois mémorielles prétendant corseter le récit historique.



AS : Seriez-vous en train d’établir un lien entre libertés réelles et la faculté de détenir sans contrainte administrative une arme quelconque ?

JMV : Tout à fait. Le lien existe et il est fort. Un homme libre est par définition un homme armé, c’est-à-dire susceptible de se défendre lui ou les siens en cas de danger. Être dépendant de la protection d’une autorité publique détentrice du monopole de la violence, revient à s’exposer aux pires avanies. On l’a vu le 13 novembre 2015, pendant qu’on égorgeait allègement à l’intérieur du Bataclan, des soldats étaient l’arme au pied attendant des ordres qui ne vinrent jamais. Dans certaines circonstances mieux vaut compter sur soi.

Je note que plus l’État désarme les Français moins la liberté d’expression est grande… faites le compte de ce qui était encore en vente libre il y a une petite quarantaine d’années : 22 Long Rifle, fusil à pompe, etc. et vous pourrez constater que tout, même un simple opinel dans votre poche, est aujourd’hui prohibé. Si le dramaturge Jean Anouilh revenait parmi nous, je ne suis pas sûr que toutes ses pièces seraient montées et jouées. Lui-même serait peut-être, sans doute mis à l’index d’une profession particulièrement bien-pensante, c’est-à-dire non pensante en dehors des canons et normes wokistes.

Notons qu’aux États-Unis, nation de la démesure, la liberté de pensée est véritable, et par voie de conséquence, authentiquement, concrètement garantie par le Deuxième amendement qui a été gravé dans le marbre constitutionnel le 15 décembre 1791 : dans un État libre, le droit du peuple de détenir et de porter des armes ne doit pas être transgressé ». Amen !



AS : Vous nous dites que la question des tueries récurrentes aux É-U, dans les écoles, dans les lieux de culte et ailleurs ne se réduit à la détention d’armes par des particuliers, mais alors comment expliquer ce phénomène sans le réduire à une équation caricaturale : le propriétaire d’arme un tueur en puissance ?

JMV : La Fédération helvétique est surarmée, en France se trouve quelque six millions de fusils de chasse. Est-ce pour autant que leurs détenteurs tirent à tout va à la moindre contrariété… même si parfois l’envie ne leur en manque pas ? Une anecdote : le 26 mars 2022, vers dix heure du soir, deux coups de feu retentissaient près de l’église du petit village de Longré, dans le nord de la Charente. Un père de famille, seul à son domicile, avec sa fille de trois ans, venait de tirer sur quatre cambrioleurs qui avaient pénétré dans son domicile où il se trouvait seul avec sa fille de trois ans. Le tireur – pas cinglé c’est-à-dire parfaitement normal – a été entendu par les gendarmes dans le cadre d’une enquête pour meurtre et déféré au parquet d’Angoulême. Aux ÉUA la propriété est inviolable et les visiteurs du soir qui ne se sont pas annoncé, sont reçus à coup de fusil ! En France celui qui se défend est a priori coupable aux yeux de la loi et du parquet. Il est vrai que le voleur et le tueur sont des victimes structurelles face des racistes oppresseurs systémiques.

AS : Pour vous la tuerie d’Uvalde relèverait donc d’une psychopathologie collective, culturelle et sociétale, spécifique à l’Amérique judéo-protestante ?

JMV : Pour répondre précisément à cette question, nous devons en effet voir dans ce nième carnage une nouvelle preuve du profond mal-être de trop nombreux jeunes hommes américains. Gavés de cartoons débiles dès l’enfance, ensuite intoxiqués par les délires hystérico-mégalomaniaques des blockbusters issus des studios Disney et Marvel – pour ne citer qu’eux – et appelé à grandir dans un univers culturel où la violence cinématographique des thrillers se combine harmonieusement avec le cloaque pornographique. Une pollution omniprésente sur les écrans et sur la Toile, l’un de ses premiers vecteurs. Comment voulez-vous dans ces conditions que certains jeunes américains ne soient pas dépressifs et ne finissent pas par péter les plombs ?

Il faudrait être singulièrement borné pour ne pas établir de relation entre l’ultra violence cultivée par l’industrie du divertissement hollywoodienne – mais ce n’est pas là le seul facteur en cause – et un certain déséquilibre mental de la société américaine dans des marges les plus fragiles. Des jeunes gens gavés d’amphétamines virtuelles, l’hyper toxique, véritable et létal opium du peuple.

Soulignons, que la jeunesse américaine en proie au conditionnement wokiste, gendérisée à outrance, où gangsters et tueurs à gages sont héroïsés, est finalement plus ou moins psychiquement castré par une culture qui, dès l’enfance, fait désormais d’eux – essentiellement s’ils sont blancs – des coupables nés. Coupables de racisme, de sexisme, bref des coupables d’exister et de se tenir debout et non à genoux pour célébrer l’immortelle gloire de George Floyd dont le deuxième anniversaire de la mort – le 25 mai 2020 – a curieusement coïncidé avec la tragédie d’Uvalde. De ces hasards qui laissent singulièrement dubitatifs.


Alain Soral sur les meurtres de masse aux États-Unis (2012)

AS : Vous ne sous-entendriez quand même pas qu’il y pourrait y avoir un lien entre ces deux événements ?

JMV : Certes je ne vois pas de lien immédiat. Je me borne à constater un fait. Mais pourquoi pas ? Et puisque vous avez l’air d’indiquer une piste complotiste, il est clair que cette sinistre affaire est du pain béni pour le camp Démocrate et le président Biden. Car le chef de l’exécutif américain est actuellement en perte de vitesse à six mois des élections de mi-mandat. Élections appelées à renouveler en totalité la Chambre de représentants et au tiers le Sénat.

En outre, à peine sortie de la pandémie covidesque, l’Amérique doit faire face en Ukraine à une guerre qu’elle n’a pas officiellement déclarée à la Russie mais qu’elle conduit avec férocité par le truchement de l’OTAN, de l’Union européenne… et en premier lieu de l’Ukraine elle-même dont les soldats meurent pour rien, une centaine par jour confesse le pleurnichard Zelenski.

Une guerre pour rien parce la Russie est condamnée à gagner ou à disparaître… Sa victoire est une question de survie géopolitique et civilisationnelle. Avant le 24 février, date du lancement de l’Opération Z, deux cent mille soldats ukrainiens et miliciens se préparaient à donner l’assaut aux deux Républiques autonomes russophones du Donbass. Moscou pouvait-elle laisser sans réagir l’Ukraine devenir une tête de pont de l’OTAN à sa frontière sud ? Ajoutons que les Occidentalistes cherchent à faire tomber le président Poutine. Un projet selon toute vraisemblance hautement aléatoire qui a déjà échoué en Syrie avec el-Assad. Ce qui nous amène à penser que le projet de l’État profond et des cryptarchies mondialistes ne sont pas seulement d’être en guerre en guerre contre la Russie et Damas, mais à travers elles, aussi et d’abord, contre les Nations et les États souverains.



AS : Cette guerre serait ainsi plus qu’un affrontement géopolitique mais en quelque sorte, une guerre civilisationnelle ?

JMV : Oui, tous commentateurs de la grande presse n’hésitent pas à présent à parler de conflit « civilisationnel ». A contrario, l’Amérique s’expose de son côté à sortir de cette crise profondément fracturée avec un pouvoir fédéral en perte accélérée de crédit. Sans parler des conséquences négatives prévisibles sur l’empire du dollar… Y aura-t-il un vainqueur et un vaincu, l’avenir le dira. Mais peut-être assistons-nous aux prémices d’une Grande réinitialisation orwellienne : Oceania vs Eurasia. À l’issue de laquelle – en espérant qu’il n’y aura pas de recours, d’un côté ou de l’autre, au feu nucléaire et que nous évitions l’apocalypse – il est possible que nous assistions à la consolidation d’une nouvelle architecture globale à travers de nouveaux partenariats stratégiques, tel par exemple le Quad – ÉUA/R-U/Australie – cette Alliance indopacifique contre la Chine populaire conclue en septembre 2021…

Une grande reconfiguration qui rétablirait un partage planétaire entre Blocs rivaux antagonistes : Bloc occidentaliste américano-centré associant la Corée du Sud et le Japon ; Bloc eurasiste suivant l’axe Moscou-Pékin via l’Asie centrale et le sous-continent indien. Un processus commencé au printemps 2014 avec le rejet de l’intégration la Fédération de Russie à l’ensemble européen, lequel a abouti, in fine, en 2014, à la réunification de la Crimée et de la Russie au grand dam des russophobes criant à « l’annexion » par la force. Il est remarquable qu’à l’Ouest la russophobie soit devenue une religion officielle depuis au moins vingt ans.

Le cofondateur du parti Russie unie Vladislav Sourkov, déclarait en 2018 que la Russie allait rentrer dans une nouvelle ère ainsi décrite : « L’annexion de la Crimée représente l’achèvement du voyage semé d’embûches de la Russie en direction de l’Ouest, la fin de ses nombreuses tentatives infructueuses pour rejoindre la civilisation occidentale, d’appartenir à la “bonne famille” des peuples européens, or désormais, Moscou se doit d’assumer sa solitude géopolitique».



AS : Revenons à la tuerie d’Uvalde et à la conjoncture politique américaine. Bien sûr vous ne dites pas que l’État fédéral soit mêlé d’une façon ou d’un autre à cette tragédie, mais vous semblez suggérer que la conjoncture était propice à ce que ce drame intervienne !

JMV : Les enchaînements étranges de coïncidences déclenchent toujours chez moi un réflexe de suspicion. Or l’esprit critique est de nos jours confondu avec la paranoïa. Passons. Je note, ai-je dit, que les élections de mi-mandat ne s’annoncent pas en faveur des Démocrates. Déjà, le coup médiatique – un coup monté à partir d’une fuite non fortuite – relatif à l’intention de la Cour Suprême de rendre à chacun des États de la Fédération la liberté de choisir spécifiquement les formes et modalités des pratiques abortives – l’avortement parfois autorisé aux États-Unis jusqu’après la naissance – a piteusement échoué. Les suffragettes et autres féministes radicales se sont mis à glapir, mais aucune mobilisation massive n’a suivi. Les Américaines se rendent peut-être compte que la grossesse n’est pas une maladie inévitable que seule une intervention chirurgicale pourrait guérir ?

Tout un chacun peut voir quel bénéfice politique M. Biden peut espérer recueillir à l’occasion de la tuerie d’Uvalde… s’il réussit à mobiliser – mieux qu’à propos des menaces supposées pesant sur le droit d’avorter et de pratiquer l’infanticide néonatal en toute impunité – l’opinion sur un projet – a priori improbable – de supprimer du deuxième amendement relatif à la détention et au port d’armes individuelles. Amendement qui est l’un des piliers inamovibles de la Constitution américaine aux termes duquel : « Une milice bien organisée étant nécessaire à la sécurité d’un État libre, le droit du peuple de détenir et de porter des armes ne doit pas être transgressé ».

M. Biden déclare en grand tragédien en mode Zelenski, déclarait à la Maison-Blanche , pathétique le 24 mai aussitôt après le drame : « Quand, pour l’amour de Dieu, allons-nous affronter le lobby des armes ? »… Ceci dit, la vie publique n’interdit pas les effets d’annonce, surtout les plus fracassants. “Marchons, Marchons” en faisant du surplace ! Joe Biden, de toute évidence, est un homme qui déplore les conséquences des politiques sociétales et progressistes conduites aux États-Unis depuis trois mandatures Démocrate avec Clinton, Obama et Biden, auxquelles il a été étroitement associé. Ainsi, le massacre d’Uvalde pourrait bien constituer le Joker électoral qui restaurerait les chances de se maintenir à flot d’un gouvernement parvenu aux Affaires grâce – qui en doute ? – à de savant et massifs tripatouillages électoraux.



AS : Oui mais… En résumé, quel rapport consistant, direct ou indirect, établir entre Uvalde, Biden et l’État profond ?

JMV : Ce genre de drame atroce est en général entouré d’un ensemble de circonstances troublantes. Je vous renvoie à l’article publié le 18 mai 2013 sur le site Agoravox, dont le titre est « Hollywood, propagande noire et guerre terroriste » qui traite en partie du contexte de la tuerie de Sandy Hook le 14 décembre 2012, très similaire à celle d’Uvalde. Affaire évoquée dans mon essai « Les fiancés de la mort » paru en février 2017. La thèse selon laquelle l’État profond pourrait ne pas être totalement étranger à certains événements collectivement traumatiques, y est explorée. Le 11 septembre en est l’exemple emblématique.

Il d’abord impressionnant que le carnage d’Uvalde soit une sorte de décalque de celui de Sandy Hook et de ses vingt-sept morts… De la même façon qu’à Uvalde Salvador Ramos, 18 ans, commence par tirer sur sa grand-mère chez qui il résidait, la laissant pour morte, Adam Lanza, assassin âgé de 20 ans, accompli son forfait après avoir abattu sa propre mère. Haine du matriarcat ? Meurtres sous influence via des hypno-thérapies inspirées des techniques de manipulation mentale MK-Ultra ? Car l’horreur et l’incompréhension que suscitent ces crimes stimulent excessivement l’imagination. N’en demeure pas moins que certaines incohérences et la similitude dans les scénarii laissent perplexe. Et puis ne parlons pas dans le cas du jeune adulte texan d’imitation car il n’avait que huit ans lorsque la tragédie de Sandy Hook intervint.


Carte du jeu Illuminati, 1995

AS : Cette nouvelle fusillade relance en effet le débat sur la libre détention des armes pour laquelle l’opposition Républicains/ Démocrates est particulièrement vive depuis des décennies…

JMV : Il ne s’agit aujourd’hui plus tant de fracture entre les deux grands Partis politiques américains que d’un insondable fossé qui va en s’élargissant. Entre une dette colossale jusqu’à l’absurde – 30.000 milliards de dollars – et l’engagement tout aussi abracadabrant de Washington dans une guerre par proxy en Ukraine contre la Fédération de Russie, il est loisible de se demander si les ÉUA n’ont pas choisi de se suicider en entrainant l’ensemble du monde occidental et de l’Europe dans leur chute ? Entre dépôt de bilan – défaut de paiement – et risques d’affrontement nucléaire avec la Russie et ses missiles hypersoniques, la marge de manœuvre de l’Occident s’amenuise en ce moment à grande vitesse.

Les ÉU luttent également, d’une certaine manière pour leur survie en s’acharnant à vouloir conserver leur leadership planétaire. Cependant comme la victoire ukrainienne apparaît de plus en plus improbable, le retour à un monde unipolaire dominé par Wall Street, Chicago (place forte de matières premières), la Californie ou le Delaware, semble lui aussi de facto très aléatoire.

AS : Vous suggérez qu’en Ukraine la situation n’évoluerait pas en faveur des Occidentalistes ?

JMV : D’où la nécessité de redresser la barre pour l’État profond et de consolider les positions politiques et institutionnelles du camp Démocrate. Dans un tel contexte rappelons qu’il est d’usage de recourir à la stratégie du « choc ». Le 11 Septembre a servi de prétexte pour déclencher tout un chapelet de conflits et de guerres d’agression : Afghanistan, Somalie, Irak, Libye, Syrie… la liste est longue et lassante ! Que vaut dans cette conjoncture la vie de quelques enfants latinos ? Surtout dans un état, le Texas, où la population est surarmée et déteste l’immixtion des instances fédérales dans leurs affaires intérieures. Un état dissident, en proie à des velléités sécessionnistes récurrentes !

L’escroc et fantoche Zelenski – doué d’un immense talent de bateleur, il va sans dire – élu le avec 73,2 % des suffrages, s’engageait naguère à mettre fin à la corruption, à faire la paix avec les russophones du Donbass très malmenés par Kiev et dont l’idiome maternel était interdit. Aussitôt assis dans le fauteuil présidentiel, toutes ses promesses, il va sans dire, sont jetées aux orties avec un zèle digne d’admiration. Les accords de Minsk – 2014/15 – sont ignorés, la guerre s’ensuivra très logiquement le 24 février 2022.



AS : Vous disiez qu’à présent la balance ne penche apparemment plus en faveur des Occidentalistes ?

JMV : Le 27 mai, par un subtil changement de cap, Zelenski déclarait que « l‘Ukraine n’est pas désireuse de parler avec le Russe Vladimir Poutine, mais qu’elle doit faire face à la réalité que cela sera probablement nécessaire pour mettre fin à la guerre ». À l’évidence la reddition des groupes de combat retranchés dans les sous-sols du complexe sidérurgique d’Azovstal le 16 mai aura constitué un tournant dans le conflit. Aujourd’hui 1er juin, les forces armées ukrainiennes, au bord de l’effondrement moral malgré les milliards de dollars et d’euros déversés par les euratlantistes, fuiraient les agglomérations du Donbass. Pour leur part, les approvisionnements en matériels de combat expédiés par l’Ouest seraient en grande partie soit détournés vers le marché noir soit détruits au cours de leur acheminement vers les théâtres d’opération. Ainsi les deux tiers des redoutables armes anti-aériennes portables ManPad seraient déjà en vente sur les marchés clandestins d’Europe orientale. Cela n’a pas empêché le président Biden – qui se défend mordicus d’entrer dans un processus de cobelligérance – d’annoncer le 30 mai dernier dans les colonnes New York Times que les ÉU s’apprêtaient à « fournir aux Ukrainiens des systèmes de missiles plus avancés », à savoir des Himars, des lance-roquettes multiples montés sur blindés légers et d’une portée de 90 kilomètres environ très efficaces pour les feux de contre-batterie.

La guerre non déclarée de l’Amérique contre la Russie monte donc d’un cran, ceci dans l’hypocrisie la plus totale. L’Otan, cet innocent bras armé de Washington, a équipé et entraîné l’armée ukrainienne, la plus grande formation permanente de l’Europe, forte de 246 445 personnels dans le service actif – données datées de 2021 – et de 900.000 réservistes, ceci sans interruption pendant huit années en préparation d’une confrontation programmée… Laquelle, hélas pour le camp du Bien, pourrait peut-être, tourner à un cuisant fiasco !

1er Juin 2022


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