La genèse du terme « antisémitisme »

Par Douglas Reed, La controverse de Sion, 1978


C’est au cours du XXe siècle (comme le rapporte à nouveau le Dr Kastein), que le terme « antisémitisme » est né. Puisqu’il ne fallait plus dire que la « persécution » exis­tait, il fallait trouver un nouveau mot, capable d’intimider les gentils et de terrifier les juifs, le deuxième but étant plus important que le premier, et « antisémitisme » fut in­venté.

« Abracadabra » aurait pu aussi bien faire l’affaire, car le terme « antisémitisme » est particulièrement absurde par rapport aux gens qui ne sont manifestement pas des Sémites et dont la Loi ordonne l’éradication des Sémites (les peuples arabes de Palestine ; toute manifestation de sympathie envers les Arabes sémitiques, expulsés de leur pays natal par les intrus sionistes en 1948, fut à la longue qualifiée d’ « antisémitisme »).

On peut supposer que les auteurs de ce terme désiraient préserver des mots tels que juif et anti-juif de la controverse publique, et comptaient sur l’intimidation des esprits grâce à l’introduction d’un mot obscurantiste. Ce que la secte dominante signi­fiait par « antisémitisme » était en fait la combinaison de lèse-majesté (offenses à la di­gnité du pouvoir souverain) et d’hérésie (opposition à la doctrine religieuse suprême) ; et au milieu du présent siècle, les esprits s’étaient en grande partie soumis à cette idée ; cette famille peuplée de nombreuses âmes qui auraient jadis enlevé leur chapeau à l’approche du régisseur du châtelain, ou qui se seraient signées à un simple regard du prêtre dès que ce dernier tournait le dos, cette famille tenait maintenant sa langue et prenait un air respectueux à l’évocation de toute affaire juive.

L’expression « antisémitisme » fut inventée à l’époque où « les hommes de race juive », ainsi que le soulignèrent Disraëli et Bakounine, reprirent la direction de la révo­lution mondiale, et l’objectif principal de son invention était de dissuader par l’intimi­dation tout débat public concernant ce développement remarquable ; les événements du siècle présent l’ont abondamment prouvé, comme ce livre le montrera.

À une époque récente, une autorité juive, M. Bernard Lazare, proposa une définition de « l’antisémi­tisme » dans un livre intitulé ainsi. Cette définition n’avait aucun rapport avec le pro­phète Sem et sa tribu, avec le sang, le discours ou la lignée sémitiques, ou avec quoi que ce soit de sémitique ; M. Lazare associait entièrement « l’antisémitisme » à une opinion défavorable du rôle joué par les juifs dans la Révolution. Il écrivit :

« Voici ce qui doit distinguer l’historien impartial de l’antisémite. L’antisémite dit : le juif est le préparateur, le conspirateur, l’ingénieur en chef des révolutions ; l’historien impar­tial se confine à l’étude du rôle que le juif, étant donné son esprit, son caractère, la nature de sa philosophie et sa religion, peut avoir joué dans les processus et les mouvements révolutionnaires. »


Ce que M. Lazare exprime clairement, c’est que seul un simple « rôle » dans les processus révolutionnaires pourrait être attribué aux juifs, et que celui qui disait que le juif était « le préparateur, le conspirateur, l’ingénieur en chef des révolutions », com­mettait un crime de lèse-majesté et d’hérésie.

Pourtant, c’est en substance ce que disait Disraëli (qui avait d’ailleurs peut-être une ou deux gouttes de sang sémitique coulant dans ses veines, et en cela il était différent des juifs de l’Est auxquels il faisait allusion) : « cette vaste révolution » … se développe « entièrement sous les auspices des juifs », « l’influence des juifs peut être retracée dans la dernière éruption du principe destructeur », « on retrouve des hommes de race juive à la tête de chacune d’elles » (c’est-à-dire, les sociétés secrètes).


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