Mélange de textes divers, reformulés par IA de façon objective, prudente et nuancée.
Préambule : L’Église et les Juifs
Mesures juridiques positives concernant les Juifs dans l’Empire romain tardif (IVe-Ve siècles)
- 321 apr. J.-C. – Les Juifs sont autorisés à siéger dans les conseils municipaux.
- 330 apr. J.-C. – Les chefs religieux juifs sont exemptés de service public.
- 393 apr. J.-C. – Aucun règlement ne peut être adopté pour interdire le judaïsme.
- 396 apr. J.-C. – Les marchands juifs peuvent fixer leurs propres prix.
- 397 apr. J.-C. – Insulter les Juifs devient illégal.
- 412 apr. J.-C. – Les synagogues juives doivent être protégées.
- 435 apr. J.-C. – Les païens et les hérétiques sont mis à mort. Les Juifs en sont exemptés.
La position de l’Église à partir de XIIIe siècle
Saint Thomas d’Aquin écrit dans la Somme théologique :
« Ne les fréquentez qu’en cas de nécessité… Il faut qu’en tout royaume chrétien et en tout temps, les Juifs des deux sexes soient distingués des nationaux par un signe extérieur. »
Les grandes bulles pontificales :
– Honorius III (1217) : défense d’obliger les Juifs au baptême
– Grégoire IX (1233) : défense d’employer des serviteurs chrétiens
– Innocent IV (1244) : ordre de brûler le Talmud
– Paul IV (1555) : obligation stricte du ghetto et de la rouelle
– Pie V (1567) : défense de posséder des biens immeubles
– Clément VIII (1593) : défense de lire le Talmud
La tradition antijuive de l’Ancienne France
L’étude de la condition des Juifs en France, appuyée sur des documents d’archives, démontre que l’antisémitisme n’est pas une importation étrangère mais s’inscrit dans les traditions du pays. La comparaison entre la France des XVIe et XVIIe siècles, d’où les Juifs étaient alors exclus, et la Prusse de la même époque, qui maintenait ses Juifs dans un statut précaire et contraint, révèle deux approches radicalement différentes de la place des minorités dans la société.
Dès le haut Moyen Âge, l’Église émet une législation spécifique visant les populations juives, par le biais de bulles pontificales et de décrets canoniques. Ces textes, qui encadrent strictement la vie juive, sont ensuite relayés et appliqués par les autorités civiles. Ils visent notamment la condamnation du Talmud, la prévention d’une influence juive perçue comme contraire à la foi chrétienne, et la limitation de certaines activités économiques comme le prêt à intérêt ou le commerce d’esclaves chrétiens.
Pour illustrer ceci, citons le chanoine Cochard, qui dans son étude sur l’ancienne communauté juive d’Orléans, résumait ainsi l’antisémitisme de naguère :
« Nos pères voyaient dans le Juif un adversaire religieux, une sangsue économique et un ennemi national : ils étaient donc en état de légitime défense. »
Les chroniques médiévales font état de violences récurrentes à l’encontre des communautés juives, comme en témoignent les pogroms survenus dans les vallées de la Loire, dans le Nord du royaume ou en Languedoc. Le contexte des pèlerinages en Terre sainte, qui précèdent les Croisades, a pu être marqué par des accusations de collusion entre Juifs et autorités musulmanes, alimentant la défiance à leur égard. Ces violences prennent diverses formes : exécutions sommaires motivées par la vengeance, massacres consécutifs à des rumeurs de meurtres rituels ou d’empoisonnement des puits. La condition juridique du Juif reflète cette altérité radicale : en cas de condamnation à mort, le supplicié est pendu entre deux chiens, et une cérémonie d’humiliation annuelle, le soufflet du vendredi saint, lui est imposée devant l’église.
La politique de Saint Louis envers les Juifs se manifeste notamment par des ordonnances visant à limiter l’usure, comme celle qui contraint les créanciers juifs à remettre un tiers de leurs créances aux débiteurs. Le chroniqueur Joinville, dans sa Vie de Saint Louis, prête au roi une parole particulièrement sévère à l’égard des Juifs, déconseillant tout échange théologique avec eux et suggérant une réponse exclusivement physique et violente.
Malgré ces vicissitudes, les Juifs tirent avantage de leur situation. Dans une France médiévale où la vie économique est à peine organisée, ils rendent des services. Une grande partie des échanges monétaires s’accomplit par leur entremise. Ils pratiquent l’importation de marchandises exotiques : épices, soieries, cuirs de Cordoue, armes du Levant, fourrures du Nord.
Ils possèdent dans leurs communautés une véritable existence politique, avec leurs assemblées, leurs magistrats choisis par eux.
Mais ces conquêtes deviennent difficiles à maintenir dans un État qui s’organise. La communauté juive demeure enfermée dans sa routine usuraire : « Tu prêteras à usure à beaucoup de nations et tu n’emprunteras d’aucune d’elles. » Elle trouve un concurrent chez d’autres étrangers, les Lombards, qui pratiquent aussi l’usure mais inventent le crédit bancaire et s’assimilent en une génération.
Philippe le Bel et l’expulsion de 1306
Philippe le Bel, appuyé par une popularité immense, entreprend de libérer la couronne des quatre grandes oligarchies financières : les Lombards, les Templiers, l’Église et les Juifs. Un édit de 1306 expulse les Juifs de France et confisque leurs biens saisissables.
Un édit de 1323 vient confirmer la mesure d’expulsion. Si Jean le Bon accorde une trêve de vingt ans aux Juifs demeurés dans le royaume, les chroniques de l’époque les accusent de tirer parti des troubles pour commettre exactions et trahisons. Beaucoup plus tard, l’économiste et sociologue Werner Sombart formulera l’idée que « les guerres sont les moissons des Juifs et les révolutions aussi ».
En 1394, un ultime arrêt de Charles VI porte bannissement à perpétuité des Juifs, sous peine de mort.
La France sans Juifs (XVe-XVIIIe siècles)
Pendant quatre siècles, il n’y a plus de question juive en France, faute de Juifs. La monarchie veille à ce que le peuple n’oublie rien. Louis XII étend à ses conquêtes l’édit de 1394.
Lorsque quelques Juifs, menant une existence itinérante, traversaient certaines seigneuries, ils devaient parfois s’acquitter de péages spécifiques hérités du passé, comme le fameux « impôt du pied fourchu » dont les tarifs variaient selon le statut et le sexe du passant. Un registre de Châteauneuf-sur-Loire en 1576 en donne un exemple détaillé : le passage d’un Juif y est taxé douze deniers, celui d’une Juive enceinte neuf deniers, d’une Juive six deniers ; le transport d’un Juif mort est fixé à cinq sols, celui d’une Juive morte à trente deniers. Ces péages resteront en vigueur jusqu’en 1784.
En 1492, l’Espagne décrète l’expulsion de ses Juifs et lance l’Inquisition à la poursuite des « marannes ». Les fugitifs gagnent l’Afrique du Nord, la Turquie ou la Hollande. Un clan de Juifs portugais sollicite d’Henri II l’autorisation de s’installer à Bordeaux. Ils se présentent comme « nouveaux chrétiens ». Leur condition reste celle d’étrangers d’un caractère spécial.
Louis XV et la surveillance des Juifs
Le début du XVIIIe siècle est marqué par une certaine effervescence économique liée au Système de Law, qui attire quelques financiers d’origine juive. En 1725, la faillite de Maurice Cahen, banquier impliqué dans ces spéculations, ruine de nombreux nobles. Parallèlement, à Metz, où s’est constitué vers 1720 un noyau d’une centaine de familles juives, celles-ci sont soumises à une réglementation très stricte : elles doivent porter des vêtements noirs distinctifs et résider obligatoirement dans le ghetto.
La police crée en 1721 un poste d’inspecteur à la surveillance des Juifs. Il est interdit à un Juif d’engager un domestique chrétien. Un rapport de 1733 signale à Bordeaux :
« Les Juifs ont pour domestiques de jolies paysannes qu’ils rendent enceintes pour servir de nourrices à leurs enfants. »
Louis XV écrit en personne au lieutenant général pour que tous les Juifs aient des papiers en règle.
La requête des marchands parisiens (1767)
En 1767, un arrêt du Conseil du roi autorise les étrangers à entrer dans les corps de métiers. Cinq Juifs avignonnais en profitent pour s’établir comme merciers, mais cela provoque une opposition vive des communautés marchandes.
Les Six Corps des marchands de Paris (regroupant les drapiers, épiciers, merciers, pelletiers, bonnetiers et orfèvres) adressent alors une pétition au roi contre l’admission des Juifs. Cette « Requête des marchands et négocians de Paris, contre l’admission des juifs » est un document authentique, imprimé en 1767 par Alexandre Le Prieur, imprimeur du roi, et comptant environ 39 pages. Le texte de la requête argue sur des bases sociales et économiques, qualifiant les Juifs de dangereux pour la société et les comparant à des guêpes :
« L’admission de cette espèce d’hommes dans une société politique ne peut être que très dangereuse ; on peut les comparer à des guêpes, qui ne s’introduisent dans les ruches que pour tuer les abeilles, leur ouvrir le ventre et en tirer le miel qui est dans leurs entrailles. »
La pétition conclut que les Juifs, en visant un empire universel et en se coalisant, menacent le commerce local et l’ordre social. Elle sera réimprimée en 1789 et 1790, dans le contexte des débats révolutionnaires sur l’émancipation des Juifs.
Louis XVI et les Juifs d’Alsace
Après l’annexion de l’Alsace à la France, la présence d’une importante population juive à la frontière de l’Est devient un sujet de préoccupation pour les autorités. La ville de Strasbourg, qui interdisait jusqu’alors aux Juifs de résider dans ses murs, leur imposait de quitter l’enceinte chaque soir au son du cor (le Kräuselhorn). Dans les campagnes alsaciennes, le prêt d’argent consenti par certains Juifs aux paysans (usure), alimente les tensions.
Le recensement de l’époque, qui dénombre 19 624 Juifs en Alsace, est jugé alarmant par ceux qui voient en eux une menace.
Louis XVI, le plus libéral des monarques, règle leur sort par lettres patentes du 10 juillet 1784 :
- Article I : Les Juifs sans domicile en Alsace devront quitter la province dans les trois mois.
- Article VI : Défense de contracter mariage sans permission royale.
- Article VIII : Défense d’employer des domestiques chrétiens.
- Article IX : Défense d’acquérir aucun bien-fonds.
Louis XVI envisageait un statut général des Juifs, stipulant qu’ils ne pouvaient être assimilés à ses sujets français car ce serait « introduire une nation dans la nation ». La Révolution interrompt ce projet.
La Révolution française et les Juifs
L’émancipation
Le 3 août 1789, l’abbé Grégoire intervient à la tribune en faveur des Juifs. L’abbé Maury lui réplique le 23 décembre :
« Le mot juif n’est pas le nom d’une secte, mais d’une nation qui a ses lois… Ils n’ont jamais été que des manieurs d’argent, ne seront jamais ni laboureurs, ni soldats, ni artisans. »
Le 28 janvier 1790, l’Assemblée proclame citoyens actifs les Juifs de Bordeaux. Le 13 novembre 1791, le décret d’émancipation est promulgué pour tous les Juifs résidant en France.
Napoléon et les Juifs
Napoléon, confronté à la situation en Alsace, déclare au Conseil d’État le 30 avril 1806 :
« Je fais remarquer de nouveau qu’on ne se plaint point des protestants, ni des catholiques, comme on se plaint des Juifs. C’est que le mal que font les Juifs ne vient pas des individus, mais de la constitution même de ce peuple. Ce sont des chenilles, des sauterelles qui ravagent la France. »
Il réunit une Assemblée des notables juifs en juillet 1806, puis un Grand Sanhédrin en février 1807. Les réponses des Juifs à son interrogatoire sont jugées satisfaisantes. Mais le rabbin Drach révélera plus tard que « les décisions du Sanhédrin sont peu connues du commun des Juifs… Elles avaient été dictées sous la pression de la crainte qu’inspirait la colérique volonté de fer du sabre de Marengo. »
Le décret de 1808 interdit aux Juifs non domiciliés dans le Haut-Rhin et le Bas-Rhin de s’y installer, autorise les tribunaux à annuler les créances usuraires et rend le service militaire obligatoire pour eux.
Sous la Restauration, en 1818, la Chambre des pairs refuse de proroger ce décret. La dernière trace de différence civique entre Juifs et Français disparaît.
L’antisémitisme au XIXe siècle
La montée des Juifs
Après la chute de l’Empire, certains discours nationalistes et antisémites présentent les Juifs comme les grands bénéficiaires des bouleversements révolutionnaires et napoléoniens. Édouard Drumont, figure majeure de l’antisémitisme français de la fin du XIXe siècle, incarne cette vision dans ses écrits.
La dynastie Rothschild s’implante dans toute l’Europe : Mayer-Anselme à Francfort, Salomon à Vienne, Nathan à Londres, Charles à Naples, James à Paris. La commauté juive portugaise donne naissance aux Pereire.
En 1831, le culte juif est doté par l’État comme les autres cultes. Adolphe Crémieux fait abolir le serment more judaico.
Le décret Crémieux
Le décret Crémieux du 24 octobre 1871 naturalise les Juifs d’Algérie. L’amiral de Guyedon écrit : « Le décret d’assimilation a été la cause déterminante de l’insurrection. » Le général Ducrot : « Le décret de M. Crémieux sur la naturalisation des Juifs mit le feu partout. »
Drumont et La France juive (1886)
Édouard Drumont publie La France juive, qui connaît un succès colossal. Il dénonce les grandes dynasties financières juives : Rothschild, Cahen d’Anvers, Camondo, Fould, Stern.
Pour illustrer, Drumont écrit notamment : « Le malheur du Sémite est qu’il dépasse toujours un point presque imperceptible qu’il ne faut pas franchir avec l’Aryen. » Ou encore : « Quand le Juif monte, la France baisse. Quand le Juif baisse, la France monte. »
Bernard Lazare (1894)
Bernard Lazare, dans L’Antisémitisme, son histoire et ses causes, admet que « les Juifs existent comme une communauté confessionnelle, croyant à sa nationalité, ayant conservé un type particulier ». Il écrit :
« Les Juifs sont aux deux pôles de la société contemporaine. Ils ont été parmi les fondateurs du capitalisme industriel et financier et ils ont protesté avec violence contre ce capital. À Rothschild correspondent Marx et Lassalle. »
L’affaire Dreyfus
En 1894, le capitaine Alfred Dreyfus est arrêté pour avoir livré des documents à l’Allemagne. Selon l’officier enquêteur, Dreyfus se serait écrié : « Ma race se vengera sur la vôtre. » Condamné le 22 décembre, il est déporté à l’île du Diable.
Les frères de Dreyfus, avec l’aide de coreligionnaires, entreprennent sa réhabilitation. Le commandant Esterhazy, officier chrétien perclus de dettes, est choisi comme agent d’exécution. Acquitté en janvier 1898, il est dénoncé par Zola dans J’accuse.
L’affaire déchire la France. En 1899, Dreyfus est à nouveau condamné à Rennes, puis gracié. Réhabilité en 1906, il est réintégré dans l’armée.
Rebatet conclut : « L’essentiel, c’est que des maladresses beaucoup plus graves encore n’auraient jamais entraîné la crise politique qui allait venir si l’accusé s’était nommé Martin ou Dubois. L’affaire Dreyfus n’a pu éclater et déchirer le pays que parce que Dreyfus était juif. »
L’Action française
Charles Maurras, dès l’affaire Dreyfus, prend position. Le duc d’Orléans déclare à San Remo : « Oui, il y a une question juive, il serait puéril de le nier. » L’Action française proclame « que la République est en France le régime de l’étranger », et l’étranger le plus redoutable est le Juif.
En février 1911, la jeunesse du Quartier Latin manifeste contre la représentation d’Après moi d’Henry Bernstein, Juif s’étant vanté d’avoir déserté. Les chahuts forcèrent Bernstein à retirer sa pièce.
État des lieux d’avant guerre (1939)
Chiffres de population
Le nombre des Juifs en France était de 16 663 en 1808, 80 à 100 000 en 1885, 180 000 en 1914, environ 400 000 en 1939. La majeure partie est venue d’Allemagne, d’Europe centrale et orientale depuis 1918.
Répartition géographique
La géographie juive de la France se structure autour de deux pôles majeurs : l’Alsace et Paris, où réside plus de la moitié de la population juive du pays. L’exemple strasbourgeois illustre la forte croissance de cette communauté : 68 Juifs en 1789, 1 476 en 1871, 4 603 en 1900, 9 110 en 1936.
Dans la capitale, le peuplement juif, initialement centré sur le IVe arrondissement (le Marais), s’étend à partir de la fin du XIXe siècle vers les IIIe, IIe, IXe, Xe et XIe arrondissements, ainsi que vers l’ouest parisien (Auteuil, Passy) et la proche banlieue (Neuilly). La répartition dans certains quartiers huppés est notable : avenue Foch, 48 familles juives pour 88 immeubles ; avenue Victor Hugo, 110 familles pour 139 immeubles.
Banque et presse
Quelques grandes familles juives (Rothschild, Stern, Fould, Weill-Picard, Oppermann, Schwob d’Héricourt, Gunzbourg) sont à la tête de nombreuses entreprises industrielles et financières. Leur présence est également notable dans le secteur des médias : l’agence Havas, notamment, est alors dirigée par des personnalités juives.
Cette réussite économique se double d’une forte implantation dans la presse parisienne. À de rares exceptions près — les journaux antisémites comme L’Action française, Je Suis Partout et La Croix —, la plupart des rédactions parisiennes comptent des Juifs parmi leurs journalistes, leurs propriétaires ou leurs administrateurs.
Commerce
À Paris, au début du XXe siècle, on observe une forte concentration de la population juive dans certaines branches d’activité. Les Juifs sont ainsi particulièrement présents dans les professions juridiques et fiscales (environ 40 % des cabinets), dans le courtage international (environ 50 %), ainsi que dans le commerce immobilier (environ 75 %). Des secteurs comme le diamant et la fourrure sont très largement dominés par des commerçants juifs (jusqu’à 90 %). Le trust Dreyfus exerce par ailleurs un contrôle important sur le marché des blés. Enfin, la bonneterie, la mercerie et l’ameublement sont des secteurs où la présence juive est également très marquée.
Cinéma
La liste des producteurs juifs en 1938 comprend Kamenka, Weiler, Rabinovitch, Braunberger, Lehmann, Natan, Ullmann, Schiffrin, Weissmann, Hakim, Osso, Haïk, Nalpas, Diamant-Berger, et des dizaines d’autres. En regard, la liste des producteurs non-juifs compte exactement douze noms.
Contexte international
Les Juifs et l’Allemagne
Les Juifs ont toujours été plus nombreux en territoires germaniques qu’en France. Leur émancipation date du début du XIXe siècle, sous l’impulsion napoléonienne. Dès 1850, Wagner écrivait Le Judaïsme dans la musique :
« Dans l’état de choses actuel, le Juif est en fait plus qu’émancipé. Il règne et règnera aussi longtemps que l’argent restera la force. »
La révolution en Allemagne
En 1919, les Spartakistes ensanglantent Berlin. Le premier cabinet républicain compte cinq Juifs. La République soviétique de Munich (avril-mai 1919) est dirigée par des Juifs : Kurt Eisner, Gustav Landauer, Ernst Toller, Erich Mühsam, Leviné-Niessen, Levien, Axelrod.
La Constitution de Weimar est l’œuvre du Juif Hugo Preuss. Aux élections de 1924, le parti social-démocrate compte quarante-quatre députés juifs. Entre 1924 et 1931, on compte une trentaine de ministres juifs.
Statistiques
À Berlin, les Juifs représentent 4 % de la population mais 47 % des médecins, 54 % des avocats, 56 % des notaires. La presse juive (trust Ullstein, trust Mossé) atteint six millions d’exemplaires.
Les lois de Nuremberg (1935)
Les lois de Nuremberg excluent les Juifs de toute fonction publique, instituent un numerus clausus dans les professions libérales, interdisent mariage et relations sexuelles entre Juifs et non-Juifs. Cent quarante mille Juifs quittent l’Allemagne après 1933.
La révolution russe
Historique
La mémoire des pogroms perpétrés dans l’Empire russe a durablement marqué les populations juives, nourrissant une méfiance profonde à l’égard du régime tsariste. Les tsars Alexandre Ier puis Alexandre II prirent certaines mesures visant à améliorer le sort de leurs sujets juifs, mais ces réformes, jugées insuffisantes par une partie de la communauté, ne répondirent pas aux attentes d’émancipation complète.
À partir de la fin du XIXe siècle, de jeunes intellectuels juifs, notamment parmi la population estudiantine, s’engagent activement dans les mouvements révolutionnaires et nihilistes qui luttent contre l’autocratie.
En 1897, est fondé le « Bund », parti ouvrier socialiste juif. Dans les sept principales banques russes, sur 2320 cadres, 1115 sont juifs.
La révolution de 1917
Une note des services officiels américains de 1916 établit que la révolution est fomentée en Russie avec le concours de la banque Kuhn, Loeb et Cie de New York (Jacob Schiff, Felix Warburg, Otto Kahn, tous juifs).
Sur les 224 bolcheviks ramenés de Suisse dans le « wagon plombé », 170 sont juifs. En 1920, sur 22 commissaires du peuple, 17 sont juifs (77 %). Au commissariat de la Justice, 18 sur 19 (94 %) ; aux Affaires étrangères, 13 sur 17 (76 %) ; aux Finances, 26 sur 30 (88,6 %).
La terreur en Hongrie (1919)
Le 20 mars 1919, la Hongrie tombe aux mains de la dictature. Bela Kun (Aaron Kohen) prend le pouvoir avec un conseil exécutif de vingt-six commissaires du peuple, dont dix-huit juifs.
La terreur dure cent trente-trois jours. Tibor Szamuely, Juif de Nagy-Varad, organise des massacres. Ses exécuteurs sont juifs : Kohn Kerekes (150 assassinats), Kovacs, Bergfeld, Barabas Bratman, Reinheimer (25 pendaisons à Debreczen).
Le 1er août 1919, Bela Kun s’enfuit. Szamuely se suicide à la frontière autrichienne.
Les empires anglo-saxons
Angleterre
La Bourse de Londres est, avec Wall Street, la plus grande place financière d’Israël. Lord Reading (Rufus Isaac) est vice-roi des Indes. Sir Hoare Belisha est ministre de la Défense nationale.
L’aristocratie anglaise a contracté de nombreuses unions avec le capitalisme juif : le frère du duc de Devonshire marié à une petite-fille du Juif Bernal Osborne, la fille du marquis de Londonderry mariée au Juif Jessel, la fille du comte de Derby mariée à un Rothschild, ect.
États-Unis
Les États-Unis comptaient environ 30% des Juifs du monde en 1938.
Principaux collaborateurs juifs de Roosevelt : Bernard Baruch, Felix Frankfurter (conseiller juridique), Henry Morgenthau (secrétaire du Trésor), Samuel Rosenmann (bras droit), le juge Brandeis (Cour suprême), etc.
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