5 mars 1946, à Maître Mikkelsen
Mon cher Maître,
Grâces soient d’abord rendues à M. Hansen, qui s’est trouvé brusquement chargé de l’effroyable charge de notre défense. Il s’en est acquitté avec un dévouement, un talent et une adresse admirables. Il me tarde d’ailleurs de lui témoigner ma gratitude par des signes plus tangibles et je vous en parlerai. Je vais tout de suite aux faits de ma défense, les heures décisives sont là. J’ai rassemblé ici sur ce papier quelques réflexions que vous trouverez peut-être utiles à mon plaidoyer, mais je vous laisse bien entendu souverain juge.
1° Le Gouvernement français, le parquet du Tribunal spécial de Paris (à la demande sans doute de la Légation à Copenhague) a lancé contre moi un mandat d’arrêt pour trahison. Or je nie absolument formellement être coupable de ce crime ni de tout autre crime. Il s’agit là d’une accusation de bluff et d’intimidation absolument mensongère. Une invention de toutes pièces. Le Gouvernement français se trouve bien incapable d’étayer son accusation de la moindre preuve, du moindre fait. Bien entendu que s’il y avait eu dans mon cas le moindre indice de trahison réelle, palpable, le Parquet de Paris, vu sa hargne à mon égard, se serait dépêché de le proclamer, de le hurler ! Devant toute demande de détails il se récuse, il s’abstient. Et pour une bonne raison, c’est qu’il n’a rien à montrer au Gouvernement danois ! Le geste du Parquet de Paris est un geste d’esbroufe et d’intimidation, son mandat d’arrêt un envoi de lazzo au petit bonheur ! (On verra bien si ça prend !) Ce sont là manières peu élégantes, déloyales, assez canailles, mais qui sont bien hélas dans la manière française pour ceux qui connaissent les mauvais côtés de notre nation.
Je mets au défi le Parquet de Paris de me citer le moindre fait de trahison dont je me sois rendu coupable envers mon pays. Il est vrai que le simple fait d’être « suspect » suffit en France en ce moment, comme en 89, et amplement à vous faire fusiller.
Je n’ai fait paraître qu’un seul livre en France depuis la guerre à tendances vaguement politiques « les Beaux Draps ». Œuvre bien anodine, où il n’est même plus question des Allemands, livre de pacifisme, de poésie et de philosophie. Livre qui a profondément déçu les milieux « Collaborateurs », qui a été même éreinté dans le grand journal collaborateur de Luchaire « Les Nouveaux Temps », qui a été interdit en Allemagne (comme tous mes autres livres) et au surplus dans la Zone Vichy, où il a été saisi par la Police sur les ordres de Pétain, qui me détestait. Pétain me déclarait anarchiste dangereux, en ceci parfaitement d’accord avec la Wilhelmstrasse. Mais si l’on s’acharne absolument à trouver aux « Beaux Draps » quand même un parfum de trahison, qui aurais-je bien pu trahir au moment où ce malheureux livre est paru, fin 1940 ? Le Gouvernement de Gaulle n’existait pas encore, le seul gouvernement français légal reconnu était bel et bien le Gouvernement de Vichy, auprès duquel les U.S.A. ont eu un ambassadeur accrédité pendant près de 3 années (l’amiral Leahy). Il y a actuellement à Paris en liberté des écrivains qui ont vraiment collaboré, écrit dans les journaux de collaboration : Montherlant, Guitry, Giono, etc. Pourquoi ne sont-ils pas eux aussi des traîtres ? Nous le verrons tout à l’heure.
Je reviens aux « Beaux Draps ». La Loi française qui régit l’édition est dite « Loi sur la Presse de 1880 » je crois, stipule absolument que l’auteur et l’éditeur sont solidairement responsables devant la loi de toutes infractions et délits encourus. L’éditeur, de par cette loi, se trouve même responsable au premier chef, l’auteur n’est que « complice », or, il est essentiel de remarquer que mon éditeur Robert Denoël, qui vient d’être assassiné à Paris il y a deux mois (crime politique), était en liberté au moment de sa mort, qu’il n’avait jamais été inculpé ni inquiété pour les « Beaux Draps ». Alors ? Hors les « Beaux Draps » je n’ai absolument rien écrit depuis la guerre sauf « Guignols ». Je n’ai d’ailleurs de ma vie publié un seul article ni politique ni littéraire dans aucun journal ni français ni étranger. C’est une de mes caractéristiques bien connue. J’ai la presse en horreur et elle me le rend bien. Je n’ai jamais parlé de ma vie non plus en séance publique, privée ou à la radio. Tout le monde à Paris sait cela. J’ai refusé de ce côté des petites fortunes. Je n’ai jamais appartenu non plus à aucun parti politique ni français, ni étranger, à aucune Société, à aucun club. Je n’ai jamais voté de ma vie. J’ai même toujours refusé d’avoir chez moi le téléphone tellement j’ai tout enrôlement ou affiliation en horreur.
Je cherche encore une autre vraisemblance à ma « trahison ». Peut-on m’appeler traître parce que je me suis enfui vers l’Allemagne en juin 44 ? Je voulais depuis le début de la guerre quitter la France et me rendre au Danemark, l’on m’en avait empêché jusque-là. En juin 44 les Allemands me promettent le passage et puis me séquestrent et m’internent en Allemagne. Je veux retourner en France, ils s’y refusent. Me suis-je mis alors au service de l’Allemagne en Allemagne ? Pas le moins du monde. Nous avons vécu en Allemagne ma femme et moi plus misérablement que les derniers des réfugiés, nous avons strictement crevé de faim et de misère pendant un an. Tout en travaillant d’ailleurs, car je n’ai pas arrêté de pratiquer la médecine de jour et de nuit dans des conditions atroces, donnant mes soins strictement à mes compatriotes. J’ai toujours refusé en Allemagne la moindre participation à la politique ou à la propagande écrite ou parlée. J’ai dépensé en Allemagne plus de 500 000 francs de ma poche, emportés de France et changés en marks. J’ai acheté à mes frais tous les médicaments que je trouvais dans les pharmacies allemandes et que je distribuais aux malades français et dont nous étions totalement dépourvus.
Le Parquet de Paris est actuellement par de nombreux témoignages parfaitement au courant de ces faits. Il sait très bien que je n’ai trahi mon pays à aucun moment en aucune circonstance, seulement il poursuit pour ce qui me concerne d’autres buts, des buts de vengeance politique qui n’ont rien de commun avec la justice et qu’il ne peut évidemment avouer au gouvernement danois. Que n’implique-t-il, le Parquet de Paris, en trahison les 300 000 ouvriers français volontaires qui se sont rendus pendant plusieurs années en Allemagne pour y travailler à l’armement ? Je n’ai rien commis de semblable, pourquoi moi suis-je le traître que l’on réclame à toute force au poteau ? Je vais tâcher de l’expliquer pour autant que de telles haines soient explicables.
Les explications que je donne peuvent évidemment sembler au Gouvernement danois trop partiales et favorables à ma cause, il peut lui sembler impossible que le Parquet du Tribunal spécial de Paris lance ainsi des mandats en l’air et agisse à mon égard avec autant de désinvolture et de méchanceté. Et pourtant la Justice spéciale française des temps de troubles politiques a toujours agi de cette façon. On se souvient que la Convention de 89 a déclaré la guerre à l’Europe pour aller chercher les émigrés et leur couper la tête. En 89, 48, 71 la Justice des Tribunaux spéciaux a donné à cet égard toute sa mesure. On peut dire sans nullement forcer la vérité que pendant ces époques de délire et de frénésie politique la Justice et le Droit ne comptent plus en France. Nous traversons l’une de ces époques.
Il me reste à expliquer pourquoi je suis moi tout spécialement en butte aux haines des partis politiques actuellement au pouvoir en France.
1° En raison de mes livres humoristiques et rabelaisiens et antisémites et surtout pacifistes parus en France avant la guerre (Bagatelles et l’École) il y a 10 ans !
2° Sans doute encore bien davantage en raison de mon attitude anticommuniste et du pamphlet que je fis paraître (mea culpa) à mon retour d’un voyage en Russie (1936), où je m’étais rendu d’ailleurs entièrement librement et à mes frais.
Évidemment que le Parquet de Paris (ni la Légation) ne peuvent avouer au Gouvernement danois les véritables motifs des poursuites que l’on m’intente. Le Parquet de Paris se ménage lorsqu’il sera en possession de ma personne de me liquider d’une façon ou d’une autre, « sans autre forme de procès » comme écrit La Fontaine, ou de fermer les yeux sur certain meurtre comme il a été procédé avec mon éditeur Robert Denoël. L’essentiel est de tenir la bête, à l’abattre l’on parvient aisément. Parmi tant de haines dont je suis l’objet je dois encore compter sur celle de presque tous les littérateurs français, jeunes et vieux, race diaboliquement envieuse s’il en fut, et qui ne m’ont jamais pardonné mon entrée si soudaine, si éclatante dans la littérature française. Ceux-là ne respireront que le jour où je serai exécuté. « Le Voyage au bout de la nuit » les empêche positivement de respirer, de vivre depuis sa parution (1932). Je me trouve un peu dans la même situation que Manet ou Monet après leur découverte de « l’Impressionnisme ». 10 000 peintres de l’époque eussent été parfaitement prêts à les assassiner (et même le public), seulement ils n’ont pas donné dans leur vie le bon motif d’assassinat, et moi j’ai été assez bête pour le donner. Tout est là.
Dès la parution du « Voyage » je devins l’objet de toutes les sollicitations et amabilités des divers partis politiques, qui m’offraient évidemment dans leurs rangs les places les plus flatteuses et les plus éminentes. Le parti communiste à cet égard se montra particulièrement pressant. Mon style dynamique, ma truculence, ma force pour tout dire, me désignaient au remplacement d’Henri Barbusse déjà très malade à l’époque. Le « Voyage au bout de la nuit » dès sa parution fut traduit aux soviets à plusieurs cent mille exemplaires (alors qu’il était interdit par Hitler). Ces faits ne sont pas oubliés par le Parti communiste en France. Le P. communiste possède une mémoire remarquable ; ce n’est pas tendre pour les écrivains qui ont décliné d’avance et féroce pour ceux qui ont publiquement dénigré son système. C’est mon cas avec « Mea culpa ». Or le P. communiste forme l’aile marchante, active du Gouvernement français actuel. On ne lui refuse rien. Je n’ai pas besoin d’en dire davantage.
À toutes fins utiles cependant j’insiste bien sur ce fait qu’à aucun moment ni avant ni pendant la guerre je n’ai été autre chose qu’un écrivain, à l’état pur si j’ose dire, jamais journaliste, jamais propagandiste, jamais politicien, jamais militaire. Français, médecin et écrivain – voilà ce que je suis et rien d’autre. Aucun compromis. J’ai tiré mes revenus de mes livres, ils me suffisaient très largement. Je n’arrivais pas à dépenser le quart de ce que je gagnais. Mon train est très modeste vous le savez sans doute par mon ami Varenne. Peut-on m’accuser au moins d’avoir entretenu des relations amicales avec l’ambassade d’Allemagne à Paris ? Je n’y ai jamais mis les pieds ni avant ni pendant la guerre, et je sais qu’on m’y détestait, que l’on m’y traitait d’anarchiste désastreux et redoutable. C’était aussi l’opinion à Berlin puisque tous mes livres y furent interdits (y compris les antisémites) dès l’avènement d’Hitler. Tout ceci peut être facilement prouvé. Nul doute que si les Allemands avaient finalement gagné la guerre ils m’eussent fait abattre, liquider, comme veulent le faire actuellement les magistrats du Parquet du Tribunal « très spécial » de Paris.
J’ai voulu établir la paix entre la France et l’Allemagne. J’ai trop souffert moi-même de la guerre, mutilé à 75 p. 100, engagé volontaire des deux guerres, pour ne pas y penser tout le temps, j’y ai trop pensé.
Je souffre, par éclatement d’obus et commotion de l’oreille et du cerveau, d’une des plus pénibles infirmités qui soient (vertige de Ménière), ma vie est une espèce de torture depuis plus de 30 années, à cause de la guerre. J’ai tout de même mené à bout en dépit d’un état physique de torture permanente et sans aucune aide puisque je suis issu de famille très pauvre, une carrière médicale honorable et une carrière littéraire exceptionnellement brillante. Il me reste quelques livres à écrire et la police est venue m’arrêter au moment où j’achevais Guignol’s.
Dans cette effroyable aventure j’ai tout perdu, situation médicale, littéraire, économies, maisons, biens divers, rentes, pensions de mutilé, parents, famille, amis, patrie, tout. Il ne me reste plus à perdre que les 10 ou 15 p. 100 de validité qui me restent. Cher maître, je vous en prie, faites que le Gouvernement danois leur donne asile le temps que la tourmente s’apaise.
Et je signe votre bien fidèle
Louis Destouches
Il me sera permis d’attirer l’attention des autorités danoises sur le fait que jamais « chasse à l’homme » ne fut plus impitoyable que celle qui se déroule en ce moment en Europe contre les « collaborateurs » ou prétendus tels. Les persécutions contre les huguenots, les émigrés (89), les communards (71), les communistes (18) ne furent qu’anodines représailles à côté des véritables « corridas » d’hommes auxquelles sont livrées les « collaborateurs » dans presque tous les pays d’Europe. Cinq années de propagande haineuse, délirante ont donné aux populations un goût du meurtre et de la torture qu’il sera difficile de leur faire passer. Rien qu’en France il ne se passe de jour où l’on n’exécute ou abatte 10 ou 15 « collaborateurs » ou supposés tels.
Cependant de nombreux « collaborateurs » véritables ceux-là, officiels, éminents, et de nombreux autres d’emplois plus modestes, de second plan, ont trouvé moyen de se réfugier en Suisse, en Espagne, en Amérique du Sud, et jusqu’en Autriche (sous de faux noms). Je ne citerai que les plus connus de ces réfugiés, de réputations mondiales.
En Suisse : Paul Morand, l’écrivain bien connu et ex-ambassadeur de Vichy en Roumanie et à Berne, Jardin, ex-chef de cabinet de Laval.
En Espagne : Gabolde, ex-ministre de la Justice de Vichy et grand fusilleur des maquisards français, Abel Bonnard de l’Académie Française, ex-ministre des Beaux Arts de Pétain, Alain Laubreaux, journaliste célèbre et directeur du grand hebdomadaire « Je suis Partout », Guérard, inspecteur des finances et ancien chef du cabinet Laval. Laval lui-même criminel de guerre n’a pas été livré, il s’est rendu de lui-même en Autriche pour se livrer.
D’autre part il me semble savoir, que par tradition les émigrés ou réfugiés politiques ne sont admis à l’asile qu’à condition qu’ils puissent prouver qu’ils sont vraiment en danger de mort. C’est en vertu de ce principe humanitaire que nous avons reçu et hébergeons en France 400 000 réfugiés politiques espagnols, 500 000 réfugiés politiques italiens, et je ne sais plus combien de russes, polonais, yougoslaves etc., tous en danger de mort. Ce qui est si valable pour les étrangers en France doit être aussi valable pour un Français à l’étranger. La Légation de France à Copenhague devrait avoir la bonne foi de l’admettre. Au surplus, pour ce qui me concerne le Gouvernement français a pris le soin, lui-même, officiellement, de m’adresser une menace de mort. En effet, le crime de trahison selon le code du Tribunal spécial auquel je suis destiné est presque inévitablement puni de mort. Au surplus le fait que je me suis sauvé de France réfugié au Danemark pendant un an aggrave encore mon cas, me condamne encore plus à mort, si j’ose dire. Le Parquet de Paris en expédiant son mandat d’arrêt à « l’esbroufe », à « l’intimidation », pensait me recevoir tout ficelé, par retour, dans les 48 heures. Si l’astuce grossière n’a pas réussi, c’est à nous au moins de profiter de sa maladresse et de bien retenir et faire prévaloir la preuve qu’il nous donne, officiellement, que je suis en danger de mort.
Enfin moins important mais tout de même à signaler, l’article ignoble à mon égard paru dans « Politiken » la veille de mon arrestation. L’on m’y signalait aux foules danoises comme un grand SS français, et grand « donneur » de patriotes français, « Sticker » etc. etc. et caché à Copenhague. On ne peut rêver article plus lâche, plus méchant, et en même temps plus faux. Ces informations de criminelle fantaisie n’ont même pas été communiquées par Paris, elles ont été entièrement inventées sur place par le rédacteur pour corser son article. L’on ne m’accuse à Paris que d’avoir pendant l’occupation exercé la médecine dans un dispensaire allemand. Ce qui est aussi absolument faux, mais tout de même beaucoup moins grave.
Je vous signale d’autre part que Madame Seidenfaden a pu se faire communiquer ma « fiche » au journal Politiken. Elle est évidemment détestable, l’on m’y déclare paraît-il le grand responsable des persécutions juives en France. C’est vraiment là aussi une fantaisie d’information bien grossière. Aurais-je inventé l’antisémitisme ? N’a-t-on jamais entendu parler, à Politiken, de Drumont, Gobineau, Vacher de Lapouge, Drault, Pemjean et mille autres ? L’antisémitisme est aussi vieux que le monde, et le mien, par sa forme outrée, énormément comique, strictement littéraire, n’a jamais persécuté personne. D’autant plus que je n’ai jamais dans mes livres recommandé aucune mesure antisémite, j’ai recommandé l’émulation, le réveil des aryens abrutis, et l’union franco-allemande pour la Paix.
Enfin et surtout il n’y a jamais eu de persécution juive en France. Les juifs ont toujours été parfaitement libres (comme je ne le suis pas) de leur personne et de leurs biens dans la Zone de Vichy pendant toute la guerre. Dans la zone nord ils ont dû arborer pendant quelques mois une petite étoile. (Quelle gloire ! Je veux bien en arborer dix !) On a confisqué quelques biens de juifs (avec quels chichis !) qu’ils ont récupérés depuis lors et comment ! à intérêts composés (mes biens ne me seront jamais rendus). Il est exact que l’on a expulsé de France et renvoyé dans leur pays d’origine quantité de juifs étrangers. Cette mesure a surtout été prise en raison de la disette. Cette mesure serait certainement prise ici aussi par les Danois dans des circonstances analogues. Je ne disculpe pas les Allemands, je rapporte les faits.
Et puisque nous en sommes aux persécutions juives, dois-je signaler que pendant l’occupation les plus actifs agents de la Gestapo, des SA et SD étaient presque toujours des juifs ou 1/2 juifs, que les plus ardents persécuteurs de juifs, dénonciateurs, étaient des juifs eux-mêmes. Ce phénomène a dû se reproduire dans d’autres pays. Il m’a rendu moi-même bien songeur et bien douteux de tout principe racial. J’ai trouvé chez la plupart des antisémites notoires et des grands « collaborateurs » d’évidentes traces de sang sémite et de filiations israélites. J’en suis arrivé à penser que le jeu où je m’étais si fort engagé, où je m’étais détruit de fond en comble, n’était qu’un jeu de dupes, où toutes les cartes étaient fausses et pipées. Don Quichotte au moins lui se ruait contre de véritables moulins à vent, je n’ai rien rencontré de semblable, seulement un cauchemar, une friponnerie inepte, où des têtes, les mêmes, jouaient tous les rôles.
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