Extrait de son manifeste La société industrielle et son avenir, 1995,
dans Anthologie critique de la Démocratie moderne
Mais qu’est-ce que le « gauchisme » ? Durant la première moitié du 20e siècle, le « gauchisme » pouvait grosso modo être identifié au socialisme. Aujourd’hui le mouvement est plus diffus, et il est plus difficile de discerner ce qu’est un « gauchiste ». Quand nous parlons de « gauchistes » dans ce texte, nous pensons principalement aux socialistes, collectivistes, adeptes du « politiquement correct », féministes, homosexuels, défenseurs des droits des animaux et ainsi de suite. Mais tous ceux qui sont affiliés à ces mouvements ne sont pas nécessairement des « gauchistes ». Nous allons essayer de montrer que le « gauchisme » n’est pas tant un mouvement ou une idéologie que la manifestation d’un type psychologique, ou plutôt de différents types. (…)
Par « sentiment d’infériorité » nous ne pensons pas seulement au sentiment d’infériorité dans le sens strict du terme, mais à tout un faisceau de traits apparentés : faible estime de soi, sentiment de faiblesse, tendances dépressives, défaitisme, culpabilité, haine de soi, etc. Nous prétendons que les « gauchistes » modernes sont habités par ces sentiments (plus ou moins marqués) et que ces sentiments sont fondamentaux pour la détermination du « gauchisme » moderne. (…) Beaucoup de « gauchistes » s’identifient avec les groupes qui ont une image d’êtres faibles (femmes), de vaincus (Amérindiens), de victimes d’ostracisme (homosexuels) ou de toute forme d’infériorité en général. Les « gauchistes » ont eux-mêmes le sentiment que ces groupes sont inférieurs. Ils ne se l’admettront jamais, mais c’est précisément parce qu’ils ressentent ces groupes comme inférieurs qu’ils s’identifient à leurs problèmes (…).
Les « gauchistes » ont tendance à haïr tous ceux qui donnent une image de personnes fortes, bonnes et qui réussissent. Ils haïssent les USA, la civilisation occidentale, ils haïssent les hommes blancs, ils haïssent le rationalisme. Les raisons qu’invoquent les « gauchistes » pour haïr l’Occident, etc., ne correspondent évidemment pas avec leurs motivations réelles. Ils DISENT qu’ils haïssent l’Occident car il est guerrier, impérialiste, sexiste, ethnocentrique, et ainsi de suite, mais lorsque ces mêmes tares apparaissent dans les pays socialistes ou dans les cultures primitives, les « gauchistes » leur trouvent des excuses, ou au mieux admettent À CONTRE CŒUR qu’elles existent ; alors qu’ils soulignent AVEC ENTHOUSIASME ces mêmes tares dans la civilisation occidentale. (…)
Des termes tels que « confiance en soi », « initiative », « entreprise », « optimisme », etc., jouent peu de rôle dans le vocabulaire libéral et « gauchiste ». Le « gauchiste » est anti-individualiste, pro-collectiviste. Il veut que la société règle les problèmes de tout un chacun et prenne soin de lui. Il n’a pas l’esprit d’une personne ayant une profonde confiance en elle-même, dans sa capacité à résoudre ses problèmes et à satisfaire ses besoins. Le « gauchiste » est opposé au concept de compétition car au fond de lui, il a une mentalité de perdant. (…)
Plus important, les « gauchistes » haïssent les sciences et le rationalisme car ces derniers classifient certaines attitudes mentales comme bonnes (c.-à-d. : le succès, la supériorité) et d’autres comme mauvaises (c.-à-d. : l’échec, l’infériorité). Le sentiment d’infériorité du « gauchiste » est tel qu’il ne peut supporter cette classification entre supérieur et inférieur. Ceci sous-tend le rejet de nombreux « gauchistes » du concept de maladie mentale et de l’utilité des tests QI. Les « gauchistes » sont opposés aux thèses génétiques sur les capacités et comportements humains du fait que ces théories font apparaître certaines personnes comme supérieures et d’autres comme inférieures. Les « gauchistes » préfèrent laisser la responsabilité à la société de la capacité ou de l’incapacité d’un individu. Ainsi, si une personne est « inférieure », ce n’est pas de sa faute, mais celle de la société qui ne lui a pas permis de se réaliser. (…)
Les « gauchistes » protestent en s’allongeant devant des véhicules, ils provoquent intentionnellement la police ou les racistes pour qu’ils les agressent, etc. Ces tactiques peuvent parfois obtenir des résultats, mais beaucoup de « gauchistes » ne les utilisent pas comme des moyens correspondant à une fin, mais parce qu’ils PRÉFÈRENT les tactiques masochistes. La haine de soi est une caractéristique « gauchiste ». (…)
Le « gauchiste » sur-socialisé essaie de se débarrasser de sa laisse mentale et affirme son autonomie en se rebellant. Mais il n’est pas généralement assez fort pour se rebeller contre les plus élémentaires valeurs de la société. En fait, les buts des « gauchistes » actuels n’entrent PAS en conflit avec la morale courante. Au contraire, la gauche s’approprie un principe moral reconnu, l’adopte comme étant le sien, puis accuse le gros de la société de violer le dit principe. Par exemple : égalité des races, des sexes, aide aux pauvres, pacifisme, non-violence en général, liberté d’expression, bonté envers les animaux. Plus fondamentalement, les devoirs des individus envers la société, et ceux de la société vis à vis des individus. Toutes ces valeurs sont profondément enracinées dans notre société (ou au moins dans les couches sociales supérieures) depuis longtemps. Ces valeurs sont explicitement ou implicitement formulées par les mass-média ou le système éducatif. Les « gauchistes », surtout sur-socialisés, ne se rebellent pas contre ces valeurs mais justifient leur hostilité à la société en prétendant (avec une certaine raison) que ladite société vit en contradiction avec ces valeurs.
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